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Des élections bien organisées mais inefficaces maintiennent le statu quo en Bulgarie, selon les observateurs de l'APCE

Les élections législatives anticipées qui se sont tenues le 27 octobre en Bulgarie ont été compétitives et gérées de manière professionnelle par l’administration électorale. Le faible taux de participation a toutefois mis en évidence un manque de confiance profondément ancré au sein de l’électorat envers les dirigeants politiques du pays.

« Nous saluons une fois de plus la bonne organisation du scrutin et les efforts continus d’un électorat épuisé par des cycles sans fin d’élections répétées », a déclaré Alfred Heer, Chef de la délégation de l'APCE, à l’issue de la mission d’observation électorale de quatre jours. « Après ce septième tour d’élections en trois ans, les dirigeants politiques de tous les partis et coalitions devraient prendre en considération la réalité de la désaffection du peuple bulgare et s’y attaquer. Le pays traverse une crise politique récurrente ‑ pas une crise institutionnelle - mais qui conduit à l'institutionnalisation de la crise politique. Il n’y a pas de démocratie fonctionnelle sans participation active des électeurs ».

Bien que certaines recommandations de la Commission de Venise restent en suspens, le code électoral et la législation connexe constituent un cadre général adéquat pour la tenue d'élections équitables.

Le recours fréquent à des gouvernements de courte durée et à des gouvernements intérimaires a de facto remplacé les rapports ordinaires entre les élections et la formation de gouvernements stables. Cette situation est en soi un aveu d’incapacité à établir des solutions politiques durables. Les dirigeants politiques et les législateurs devraient envisager d’apporter au système électoral des modifications qui pourraient être plus propices à la formation de gouvernements stables.

La délégation réitère ses préoccupations concernant les allégations persistantes d’achat de voix et de votes contrôlés. Bien que la ligne téléphonique d’urgence et les autres mesures mises en œuvre par le ministère de l’Intérieur pour signaler de telles violations soient des évolutions bienvenues, l’augmentation significative des alertes et le taux de participation nettement plus élevé dans certaines zones sensibles montrent qu’il faut d’urgence s’attaquer davantage à ces questions, qui constituent une infraction au regard de la loi.

La campagne électorale sans éclat a été menée principalement dans les médias sociaux et, dans une certaine mesure, par des moyens traditionnels dans les zones rurales. Un nombre croissant de candidats gèrent leur propre communication politique, en contournant partiellement le journalisme professionnel, ce qui soulève des inquiétudes quant à la qualité des informations qui parviennent aux électeurs.

Le jour du scrutin, malgré les avantages liés au développement de la technologie, la combinaison actuelle de machines à voter utilisées comme imprimantes et de bulletins de vote en papier a entraîné une augmentation des étapes bureaucratiques et procédurales, ce qui a accru le risque d’erreurs dans les bureaux de vote.

« Ces élections n’ont pas permis de sortir de l’impasse politique », a conclu M. Heer. « La responsabilité incombe désormais aux forces politiques bulgares. Elles doivent dépasser les divisions partisanes pour sortir de l’impasse. Le peuple bulgare mérite des dirigeants qui s’engagent à mettre en place des structures démocratiques opérationnelles ».

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Une délégation de quatorze membres, conduite par Alfred Heer (Suisse, ADLE), a observé les élections législatives anticipées le 27 octobre. Le jour du scrutin, ses sept équipes étaient déployées dans les villes suivantes : Sofia, Pazardjik, Plovdiv, Pernik, Breznik, Blagoevgrad, Doupnitsa, Rila, Montana, Lovetch, Vraca, Etropole, Komarevo, Barzia et Sredets. Un rapport sur l’observation des élections sera présenté à la Commission permanente de l'APCE le 29 novembre 2024 à Luxembourg.