lundi 23 juin 2025 matin
2025 - Troisième partie de session Imprimer la séanceVidéo(s) de la séance 1 / 1
Grèce, PPE/DC, Président de l'Assemblée
11:43:54
Chers collègues, bonjour. Il y a eu un léger problème d'inscription, c'est pourquoi nous sommes retardés.
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,
Bien que nous soyons à la fin du mois de juin, je vous parlerai aujourd'hui du mois de mai. Mai n'est pas seulement le mois du printemps pour l'Europe, c'est un mois de fondations et de jalons.
En mai 1945, l'espoir renaît après la guerre.
En mai 1948, l'idée de l'unité européenne est née au Congrès de La Haye.
En mai 1949, le Conseil de l'Europe est fondé.
Des décennies plus tard, ce mois de mai a pris une tournure différente.
Ce jour-là, neuf premiers ministres européens ont signé une lettre commune exprimant leurs inquiétudes quant à l'interprétation de la Convention européenne.
Il ne faut pas y voir une confrontation, mais plutôt un appel au dialogue et à la réflexion.
Si, par le passé, la même date a donné lieu à des décisions qui ont renforcé les droits, aujourd'hui, elle pourrait - si nous y prenons garde - ouvrir un espace de discussion et de compréhension.
L'histoire du mois de mai, chers collègues, est une histoire de valeurs. Elle nous invite à les défendre, non seulement lorsqu'elles nous servent, mais aussi lorsqu'elles nous interpellent.
Je comprends le raisonnement qui a conduit les premiers ministres à faire cette déclaration publique commune. Même si nous n'aimons pas ou n'approuvons pas une décision rendue par la Cour européenne des droits de l'homme, le désaccord ne doit pas devenir un prétexte pour saper l'institution même qui rend ces décisions.
Je suis pleinement conscient des problèmes causés dans de nombreux pays par l'immigration incontrôlée, y compris des défis qui affectent des équilibres sociaux de longue date. Mon pays, la Grèce, a été le premier à y être confronté. J'ai personnellement présidé la commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées pendant deux ans, et je comprends toutes sortes de préoccupations. Mais en tant que responsables politiques, nous devons suivre le chemin difficile pour trouver des solutions.
Accuser la Cour est la voie de la facilité - et c'est contraire à nos principes et à notre éthique. Cependant, dans les moments difficiles, le désaccord ne doit pas devenir un prétexte pour saper l'institution même qui rend ces décisions.
L'histoire nous a montré que lorsque le pouvoir politique interfère avec la justice, c'est la démocratie qui en paie le prix. Je ne crois pas que les premiers ministres recherchent une telle interférence. Si cette lettre exprime un besoin de discussion institutionnelle, saluons-le. Mais il faut aussi reconnaître que les Etats membres ont de plus en plus tendance à sous-estimer, voire à ignorer le Conseil de l'Europe.
Il ne s'agit pas d'un commentaire personnel. Nous partageons tous des responsabilités.
Même mon pays compte près de 60 arrêts de la Cour non exécutés. D'autres, malheureusement, en ont des milliers.
Vous savez tous que le Comité des Ministres est représenté au quotidien par les éminents ambassadeurs qui assistent à nos sessions, et je tiens à les remercier pour le dialogue productif que nous avons eu depuis le premier jour de ma présidence. Je sais qu'ils travaillent sans relâche et avec dévouement, au service de la mission diplomatique historique de ce Conseil depuis de nombreuses années.
Une fois par an, les ministres des affaires étrangères de nos pays sont appelés à se réunir pendant quelques heures. Cette réunion est largement symbolique. Cette année, la réunion annuelle des ministres des affaires étrangères s'est tenue à Luxembourg. Sur 46 ministres, seuls 16, pour la plupart des vice-ministres, étaient présents.
Un tiers seulement. N'est-ce pas un signal d'alarme ?
Nous connaissons tous l'initiative du Secrétaire Général Alain BERSET pour le "Pacte pour la Démocratie". Dans ce contexte, j'appelle les Etats membres à apporter des idées. Mais ces idées doivent être débattues de manière appropriée : au sein de cette Assemblée et au sein du Comité des Ministres. Sinon, les interventions tape-à-l'œil peuvent attirer l'attention, mais elles ne contribuent pas à sauvegarder l'indépendance de la Cour.
Si nous voulons que le Conseil reste une institution vivante, nous devons lancer une campagne d'information auprès de nos parlements, de nos universités, de nos jeunes.
Nous devons expliquer pourquoi cette institution est essentielle au sens même de la démocratie.
Car, chers collègues, une démocratie sans contre-pouvoirs n'est plus une démocratie.
J'invite donc le nouveau président de la Cour - que je félicite pour son élection - à répondre positivement aux défis de notre temps et à renforcer l'autorité de la Cour de la manière que les juges connaissent le mieux : par un jugement raisonné, la cohérence juridique et l'indépendance morale.
Ici, chers collègues, nous avons le pouvoir de représenter notre peuple. C'est avec ce pouvoir que nous élisons les juges de la Cour des droits de l'homme. Avec ce pouvoir, nous élisons le Secrétaire général du Conseil de l'Europe, le Secrétaire général adjoint, le Secrétaire général de notre Assemblée et le Commissaire aux droits de l'homme.
Nous leur confions les pleins pouvoirs pour agir - non pas selon nos directives individuelles - mais en fonction du cadre institutionnel du Conseil de l'Europe.
Par la Convention européenne des droits de l'homme et les autres traités que nous avons collectivement adoptés. Tout soupçon selon lequel la séparation des pouvoirs pourrait être érodée par le biais de cette organisation doit être dissipé. L'indépendance du pouvoir judiciaire, la séparation des pouvoirs - des principes nés dans le pays qui nous accueille, la France - ne doivent pas être compromis.
Le Conseil n'est pas né des cendres de la guerre pour servir des agendas politiques individuels, pour l'un ou l'autre d'entre nous. Il est né pour défendre la vision européenne de la paix et de la justice. Et nos visions deviennent généralement réalité.
Vous souvenez-vous, chers collègues, de ceux qui se moquaient de cette Assemblée il y a trois ans, lorsque de ce même hémicycle est née l'idée de créer un tribunal international pour le crime d'agression contre l'Ukraine ?
Aujourd'hui, nous n'avons jamais été aussi proches de la création d'un tel tribunal au sein du Conseil de l'Europe, et je souhaite réitérer mon appel au Comité des Ministres et au Secrétaire Général pour qu'ils prennent les dernières mesures en vue de sa création et fassent en sorte que l'histoire s'écrive une fois de plus ici à Strasbourg.
C'est cette semaine que nous accueillerons le Président Volodymyr ZELENSKY d'Ukraine, qui s'adressera à notre Assemblée mercredi soir, selon les dernières informations. A la fin de son discours, le Président ZELENSKY répondra aux questions des membres - un signe d'engagement démocratique et de respect mutuel.
Une autre vision du monde, chers collègues - l'espoir de paix au Moyen-Orient, une vision que nous partageons depuis des décennies - ne progresse pas. La guerre continue, plus cruelle et plus aveugle, avec des dizaines de milliers de civils innocents déjà morts, défiant les valeurs que nous sommes ici pour défendre. Ces derniers jours, la sécurité et la paix mondiales sont menacées par l'escalade du conflit au Moyen-Orient et la catastrophe humanitaire à Gaza. Les civils paient le prix de cette cruauté à Gaza, en Israël, en Iran.
Mais ne baissons pas les bras.
Même si nos visions et nos actions sont souvent déçues, nous devons poursuivre nos efforts sans relâche. Parce que nous sommes la seule institution au monde à travailler exclusivement sur la démocratie.
Pas le pouvoir des armes ou de l'argent.
Mais le peuple.
Et notre guide depuis 75 ans est la Convention des droits de l'homme, écrite par des hommes d'État plus grands que l'histoire, à une époque moins prospère que la nôtre.
Je vous remercie et je vous invite à vous mettre au travail.
Grèce, PPE/DC, Président de l'Assemblée
11:52:17
Avant de passer au premier point de l'ordre du jour, je rappelle à l'Assemblée que les députés qui n'ont pas soumis de déclaration annuelle d'intérêts sont tenus de commencer toute intervention par une déclaration orale d'intérêts, conformément au paragraphe 20 du Code de conduite des membres de l'Assemblée parlementaire.
Chers collègues, le premier point de l'ordre du jour est la vérification des pouvoirs des nouveaux membres. Les noms des membres figurent dans le Doc. 16203. Si aucun pouvoir n'est contesté, les pouvoirs seront ratifiés. Des pouvoirs sont-ils contestés ?
Les pouvoirs sont ratifiés. Je souhaite la bienvenue à la nouvelle délégation allemande, dont les pouvoirs viennent d'être ratifiés. Je crois savoir que certaines procédures sont en cours au niveau national. J'espère que ce processus sera achevé dans un délai raisonnable, conformément à toutes les normes démocratiques internationales.
L'ordre du jour appelle l'élection des vice-présidents de l'Assemblée au titre de Chypre, de la Bulgarie et de l'Allemagne, Doc. AS/Inf (2025) 02. Les trois candidats sont M. Nicos TORNARITIS, de la délégation chypriote, Mme Denitsa SACHEVA, de la délégation bulgare, et M. Knut ABRAHAM, de la délégation allemande. S'il n'y a pas de demande de vote, M. Nicos TORNARITIS, Mme Denitsa SACHEVA et M. Knut ABRAHAM seront déclarés élus.
Je tiens à féliciter nos vice-présidents.
Le point suivant de l'ordre du jour est la modification de la composition des commissions. Les candidatures aux commissions générales de l'Assemblée ont été publiées dans le document Commissions 05 (2025) et Addendum 1. Ces propositions sont-elles approuvées ?
Merci. Elles sont approuvées.
Avant d'examiner le projet d'ordre du jour, l'Assemblée doit examiner les demandes de débat selon les procédures d'urgence et d'actualité :
Débat d'urgence demandé par la commission de l'égalité et de la non-discrimination : "Les droits des femmes en Europe - Progrès et défis"
Débat d'urgence demandé par la commission des affaires sociales, de la santé et du développement durable : "Arrêter le génocide à Gaza - Le Conseil de l'Europe doit agir maintenant".
Débat d'urgence demandé par la commission des questions politiques et de la démocratie : "L'urgence de mettre fin à la guerre à Gaza".
Débat d'actualité demandé par le groupe politique ADLE : "Appel à la libération immédiate des personnes faisant l'objet de persécutions pour des motifs politiques en Géorgie".
Débat d'actualité demandé par M. Christophe LACROIX, Belgique, (SOC) M. Christophe LACROIX soutenu par 21 membres de l'Assemblée : "Tentatives d'affaiblissement de la Convention européenne des droits de l'homme et d'atteinte à l'indépendance et à l'impartialité de la Cour européenne des droits de l'homme par le biais d'ingérences politiques".
Débat d'urgence demandé par les groupes politiques : "La paix mondiale menacée : mettre un terme à la catastrophe humanitaire à Gaza et s'attaquer au conflit plus large au Moyen-Orient".
Débat d'actualité demandé par les groupes politiques : "La Cour européenne des droits de l'homme : relever les défis de notre temps".
Lors de sa réunion de ce matin, le Bureau a décidé de recommander à l'Assemblée de tenir deux débats d'urgence sur "Les droits des femmes en Europe - progrès et défis" et "La paix mondiale menacée : arrêter la catastrophe humanitaire à Gaza et faire face au conflit plus large au Proche-Orient", ainsi que deux débats d'actualité sur "Un appel à la libération immédiate des personnes faisant l'objet de persécutions pour des motifs politiques en Géorgie" et "La Cour européenne des droits de l'homme : relever les défis de notre temps". Est-ce que vous êtes d'accord ?
Oui, je vous remercie.
La recommandation du Bureau étant acceptée, le débat d'actualité sur "La Cour européenne des droits de l'homme : relever les défis de notre temps" aura lieu demain matin. Le débat d'urgence sur "La paix mondiale menacée : mettre un terme à la catastrophe humanitaire à Gaza et s'attaquer au conflit plus large au Moyen-Orient" aura lieu mercredi après-midi. Le débat d'urgence sur "Les droits de la femme en Europe - progrès et défis" aura lieu jeudi après-midi. Le débat d'actualité sur "Un appel à la libération immédiate des personnes faisant l'objet de persécutions pour des motifs politiques en Géorgie" aura également lieu jeudi après-midi.
Le prochain point à l'ordre du jour est l'adoption de l'ordre du jour de la troisième partie de la session ordinaire de 2025. Le projet d'ordre du jour soumis à l'approbation de l'Assemblée a été adopté par le Bureau ce matin. Je vous rappelle que nous avons également convenu de tenir deux débats d'urgence et deux débats d'actualité. J'informe également l'Assemblée que le Bureau a convenu ce matin que le temps de parole pour les débats que nous tiendrons mardi et pour ceux de mercredi après-midi doit être réduit à 2 minutes. Le projet d'ordre du jour est-il adopté ?
Je vous remercie, il est adopté.
Le procès-verbal de la Commission permanente, qui s'est réunie à Malte le 23 mai 2025, a été distribué. L'Assemblée prend acte de ce procès-verbal.
Il n'y a pas d'objection.
L'ordre du jour appelle la discussion commune du rapport d'activité du Bureau et de la Commission permanente. Le rapport d'activité sera présenté par M. Frank SCHWABE. Nous examinerons ensuite le rapport de la commission ad hoc du Bureau sur l'observation des élections législatives en Albanie, qui ont eu lieu le 11 mai. Le rapport sur l'observation des élections sera présenté par Mme Luz MARTINEZ SEIJO, au nom du rapporteur, M. Simone BILLI. Nous suspendrons ce point à 12h30 pour permettre la cérémonie de remise du prix Vigdís pour l'émancipation des femmes. Le débat se poursuivra ensuite à 16 h 30. La parole est à M. Frank SCHWABE pour présenter le premier rapport au nom du Bureau. Vous disposez de 7 minutes et de 3 minutes pour répondre au débat. Vous avez la parole.
Je suis un peu daltonien, je ne vois donc pas la différence.
Monsieur le Président, merci beaucoup pour votre discours d'introduction.
Chers collègues, Mesdames et Messieurs, j'ai le plaisir de vous présenter le rapport d'activité du Bureau et de la Commission permanente de l'Assemblée pour la période du 11 avril au 22 juin 2025. Permettez-moi de commencer par nos principales réunions. Le Bureau s'est réuni à Strasbourg et à La Valette, où nous avons fixé l'ordre du jour de la prochaine partie de session et abordé les questions urgentes auxquelles l'Europe est confrontée aujourd'hui.
Nous avons répondu aux demandes de débats d'actualité, y compris la nécessité d'assurer la survie de Radio Free Europe, qui nécessite une très petite somme d'argent, mais dont le résultat est très important. Et le rôle vital des parlementaires dans la sauvegarde de l'investissement dans les droits humains et la démocratie, en particulier dans un contexte d'augmentation des dépenses militaires.
L'observation des élections reste une pierre angulaire de notre mission démocratique. Au cours des derniers mois, nous avons organisé et déployé des missions d'observation pour les élections législatives en Albanie et les élections présidentielles en Pologne. Pour l'avenir, nous avions prévu d'observer les élections législatives en Moldavie en septembre.
Nous avons également fait avancer plusieurs initiatives spéciales. Le Bureau a approuvé une nouvelle politique de sauvegarde des enfants afin de protéger les enfants dans toutes les activités de l'Assemblée. Nous avançons dans la sélection des candidats pour le Prix Vigdís de l'empouvoirement des femmes, dont la lauréate sera annoncée dans quelques minutes, et le Prix des droits de l'homme Václav Havel, qui soutient celles et ceux qui défendent les droits humains et l'égalité des sexes.
L'engagement international a également été une priorité. Nos représentants ont participé à la Conférence européenne des administrations électorale à Vilnius, au Dialogue européen sur la gouvernance d'Internet et à la Conférence sur Concevoir des politiques publiques efficaces pour prévenir et gérer les cas des personnes migrantes disparues.
Nous nous préparons également à envoyer une délégation à la Journée européenne de commémoration de l'Holocauste pour les Roms et les Sintis à Auschwitz Birkenau. Nous pouvons maintenant réaffirmer notre engagement à reconnaître l'injustice.
Le Bureau et la Commission permanente se réuniront à Paris, Strasbourg et Chisinau. L'Assemblée jouera également un rôle actif dans le Forum mondial pour la démocratie en novembre, contribuant à façonner l'avenir des gouvernements démocratiques en Europe.
Permettez-moi maintenant de souligner certains de nos défis actuels.
Chers collègues, je souligne que la Convention est un trésor de notre organisation et le trésor des droits humains en Europe, et je souligne à nouveau que la Cour européenne des droits de l'homme est le cœur du Conseil de l'Europe et que nous devons faire tout ce que nous pouvons, si ce n'est plus, pour protéger la Convention et la Cour. Voilà ce que nous devons faire. Et bien sûr, il est permis d'envoyer des lettres, d'écrire des lettres. Nous ne savons pas vraiment à qui sont envoyées les lettres, mais il est permis d'avoir un débat en public, et il est permis de chercher d'autres pays pour leur demander de signer des lettres également. Et je comprends que dans certains États membres, le débat sur la migration n'est pas facile. Et il y a plusieurs cas où il n'est pas facile pour le public d'expliquer que même s'il s'agit d'un criminel, il faut respecter les droits de l'homme fondamentaux. Et je comprends que certains pays, comme la Russie et le Bélarus, utilisent les migrants pour organiser une sorte de guerre hybride et d'attaque contre d'autres pays. Mais nous sommes le Conseil de l'Europe et nous agissons dans le sens des droits humains. Les droits humains sont valables. Ils sont valables pour tous les êtres humains, où qu'ils soient, quoi qu'ils aient fait. Et, où qu'ils soient et peu importe qu'ils aient été utilisés à mauvais escient, même pour les criminels graves. C'est ce que nous devons faire, et c'est ce que nous devons protéger. C'est pourquoi le monde comprend ce que nous faisons et pourquoi nous sommes nécessaires.
Et encore une fois, les discussions sont possibles. Mais finalement, nous devons préciser que nous avons une convention. Et je ne vois aucun mouvement politique visant à modifier cette convention. Peut-être que ceux qui souhaitent le faire devraient lire les documents et s'informer de ce qu'il faudrait faire pour y parvenir. C'est pourquoi je demande à tous ceux qui écrivent des lettres d'être prudents et de réfléchir aux conséquences que pourraient avoir ces lettres.
Chers collègues, le Conseil de l'Europe se trouve dans une situation historique, à la croisée des chemins. Nous sommes à la croisée des chemins. Mais comment ne pas être à la croisée des chemins alors que le monde est à la croisée des chemins, que l'Europe est à la croisée des chemins ? Le Conseil de l'Europe est une organisation de dialogue. C'est très bien d'être ici avec vous tous pour parler de l'avenir de cette organisation. Mais nous avons différents forums de dialogue en Europe. Il y en a un nouveau autour de l'Union européenne, avec presque les mêmes membres que le Conseil de l'Europe. C'est une possibilité d'avoir un dialogue. Le dialogue est important. Mais quel est le cœur de notre organisation ? Et ce que nous pouvons faire plus que les autres, c'est protéger les droits de l'homme, la démocratie et l'État de droit. Nous sommes les gardiens de ces valeurs et de ces règles. Et c'est ce que nous devons toujours savoir et ce que nous devons toujours faire comprendre aux pays qui veulent saper notre organisation avec nos règles et nos valeurs.
La question est de savoir comment nous devons procéder avec ces pays. Bien sûr, nous voulons que tout le monde reste à bord, car nous nous soucions des personnes qui vivent dans ces pays. Mais si le prix à payer pour que tout le monde reste à bord est de perdre les droits de l'homme, la démocratie et l'État de droit, nos instruments, même pour les autres pays qui sont attachés à nos valeurs, alors je dirais que le prix est trop élevé. Et c'est quelque chose dont nous devons discuter cette semaine. Je pense que c'est un honneur pour nous que le président Zelensky soit ici pour s'adresser à nous et qu'il soit prêt à répondre, peut-être aussi, à des questions critiques. Je pense que c'est une bonne chose. C'est le signe d'un véritable démocrate que de faire cela, et c'est un bon signe que cette semaine, une fois de plus, nous fassions tout pour soutenir nos amis ukrainiens qui ont subi un bombardement vraiment horrible cette nuit encore. Il est donc positif que nous franchissions une étape importante dans la mise en place du tribunal. Et il est positif que nous nous occupions, par exemple, de la question de l'enlèvement d'enfants. Je tiens donc vraiment à dire que, même s'il est difficile après tant d'années de guerre de se concentrer et de rester concentré, nous restons très attentifs à l'Ukraine et déterminés à la soutenir partout où nous le pouvons. Slava Ukraini.
Grèce, PPE/DC, Président de l'Assemblée
12:06:42
Je vous remercie, M. Frank SCHWABE.
La parole est à Mme MARTINEZ SEIJO pour présenter le deuxième rapport. Vous disposez de cinq minutes.
Monsieur le Président, chers collègues,
J'ai le grand plaisir de vous présenter le rapport sur l'observation des élections législatives en Albanie au nom de M. Simone BILLI, chef de la délégation et auteur de ce texte, qui ne peut être présent parmi nous aujourd'hui.
L'Albanie est engagée dans un dialogue post-suivi avec l'Assemblée parlementaire depuis 2023, qui comprend un engagement à inviter l'Assemblée à observer les élections. Notre délégation était composée de 22 parlementaires, dont le rapporteur de la commission de suivi, un représentant de la Commission de Venise et trois membres du personnel, que je tiens à remercier chaleureusement pour leur travail acharné. Nous avons également effectué une mission pré-électorale de deux jours à Tirana, environ un mois avant les élections, afin d'évaluer la campagne et le climat politique général. Cette mission a été réalisée dans le cadre d'une mission internationale d'observation électorale en collaboration avec les délégations de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), du Parlement européen et du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme (BIDDH).
Nous tenons à remercier les autorités albanaises pour leur invitation et leur soutien, ainsi que tous les interlocuteurs et partenaires internationaux pour leur coopération. Nous aimerions également saluer le soutien du bureau du Conseil de l'Europe à Tirana, ainsi que le secrétariat de la délégation albanaise, qui ont été en mesure de faciliter les réunions.
La délégation a conclu que les élections ont été compétitives et se sont déroulées de manière professionnelle. Néanmoins, les élections se sont déroulées dans un contexte très polarisé, les candidats ne se sont pas affrontés sur un pied d'égalité et, bien que la majorité d'entre eux aient pu faire campagne librement, certains se sont plaints d'intimidations. L'organisation générale était inclusive et transparente, mais le parti au pouvoir a pu avoir recours à des ressources administratives, ce qui lui a donné un certain avantage. Des pressions sur les électeurs, notamment sur les fonctionnaires, ont également été signalées.
La législation électorale et son interprétation restrictive n'ont pas suffi à empêcher certaines pratiques abusives. Nous avons également constaté les effets négatifs de la concentration de la propriété des médias, de l'autocensure des journalistes et de la domination de la couverture sur les principaux partis politiques, qui ont limité la pluralité des sources et la capacité des électeurs à prendre des décisions en connaissance de cause. À cela s'ajoute l'utilisation intensive des réseaux sociaux, qui amplifie un discours conflictuel, et l'absence d'un bureau chargé de superviser les contenus manipulateurs ou préjudiciables.
La création d'un nouveau mécanisme de coordination chargé d'enquêter sur les infractions électorales et d'engager des poursuites à leur encontre a constitué une avancée positive, mais nous devons assurer le suivi de certaines recommandations afin de prévenir les mauvaises pratiques. Les élections se sont déroulées dans le calme et la transparence, même si certains bureaux de vote présentaient des lacunes ou des insuffisances. Il y a également eu des cas d'intimidation, d'ingérence de la part des observateurs des partis, de violation du droit au secret, ainsi qu'un manque d'accessibilité. Plus de la moitié des centres que nous avons observés n'étaient pas accessibles aux personnes handicapées.
Le vote électronique semble s'être déroulé sans problème, bien que de nombreux électeurs ne soient pas familiarisés avec le système et que certains agents n'aient pas reçu une formation suffisante. La transmission électronique des résultats a été annulée à la dernière minute et il y a eu une transmission manuelle au niveau du district. Le dépouillement s'est déroulé dans l'ordre, mais tous les observateurs n'ont pas eu un accès complet et il y a eu quelques lacunes dans la procédure. Mais le vote à l'étranger, introduit par le pays, a constitué une étape importante. Cette innovation a été bien accueillie, même si elle devra être correctement évaluée afin d'identifier les domaines dans lesquels des améliorations pourraient être apportées.
La délégation a salué le travail accompli par le Bureau national d'enquête, la Structure spéciale de lutte contre la corruption et le crime organisé, la SPAK, ainsi que le bureau du procureur et la Commission électorale centrale, qui se sont coordonnés efficacement pour préserver l'intégrité du processus électoral.
J'aimerais conclure en demandant aux autorités albanaises de remédier aux lacunes qui ont été identifiées. Elles le feront, bien entendu, dans le cadre du dialogue post-suivi, avec l'Assemblée et ses programmes de coopération électorale. Nous suggérons de donner la priorité aux domaines suivants : tenir compte des recommandations de la Commission de Venise et de l'OSCE d'une manière inclusive, chercher à dépolitiser l'administration électorale, en particulier aux niveaux inférieurs, prendre des mesures pour empêcher l'achat de voix et veiller à ce que les partis au pouvoir n'utilisent pas les ressources de l'Etat. Ils doivent également adopter des mesures visant à renforcer l'éducation politique et essayer de lutter contre la corruption et le crime organisé, ainsi que procéder à une évaluation correcte du vote à l'étranger et identifier les domaines susceptibles d'être améliorés à l'avenir.
Grèce, PPE/DC, Président de l'Assemblée
12:12:18
Merci, Mme Luz MARTINEZ SEIJO.
Chers collègues, nous allons maintenant donner la parole à Mme Saskia KLUIT, au nom du groupe des socialistes, démocrates et verts.
Saskia, vous avez la parole. Avez-vous inséré votre badge d'abord ? D'accord, appuyez sur le bouton et attendez quelques secondes. Je vous rappelle que nous devons attendre quelques secondes.
Oui, je pense que je suis en direct.
Merci beaucoup, Monsieur le Président.
Et merci beaucoup à la Commission permanente et au Bureau pour le travail formidable qu'ils ont accompli. Si vous lisez le rapport, je suis très impressionnée par ce que nous faisons tous ici. Et je pense que l'une des choses que M. Frank SCHWABE a déjà mentionnées, c'est que nous vivons une époque extrêmement dangereuse, une époque qui s'attaque aux fondements mêmes de ce que nous faisons ici.
Parfois, vous pensez avoir des arguments raisonnables pour entamer un dialogue sur certaines choses que vous pouvez améliorer, mais avant même de vous en rendre compte, vous collaborez et vous attaquez les fondements de votre organisation.
Mon groupe souhaite donc exprimer son soutien total à la Convention, en particulier à la Cour et aux trois parties de la trias politica. De même, au sein de notre organisation, si nous voulons avoir un dialogue sur le fonctionnement de la Convention ou de la Cour, cela doit se faire ici et non dans la presse, à l'extérieur. Nous sommes l'organe approprié pour cela. Et nous devrions faire très attention à ne pas parler des fondements, mais à parler des problèmes.
Nous devons admettre que les forces antidémocratiques se développent dans nos communautés et que nous devons nous unir pour les défendre. Et cette défense doit être assurée par chacun d'entre nous.
Ensuite, en ce qui concerne le contenu de notre travail, je voudrais souligner trois choses. La première est le tribunal sur lequel nous avons travaillé. Cela montre la puissance de notre organisation. Nous ne nous contentons pas de parler ici, à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, mais nous prenons des mesures et nous faisons la différence dans le monde. C'est une très bonne chose que M. ZELENSKY vienne cette semaine et que nous discutions davantage du tribunal afin d'en améliorer le fonctionnement.
Je voudrais également parler de la visite que nous avons effectuée. Nous en avions déjà parlé en amont. Entre temps, cette visite a eu lieu. Cette visite du réseau des enfants ukrainiens à Kiev a montré l'impact de la guerre sur les citoyens ordinaires et les plus petits d'entre eux, et comment nous et notre travail pouvons améliorer la vie des jeunes enfants qui se trouvent dans des situations très difficiles.
Je tiens à remercier tous nos collègues qui nous permettent d'effectuer ce type de visites, car c'est très important pour notre travail.
L'autre thème, et je pense que c'est l'un des sujets que nous abordons qui montre l'humanité dont nous faisons preuve les uns envers les autres ici, c'est celui de la conférence sur Concevoir des politiques publiques efficaces pour prévenir et gérer les cas des personnes migrantes disparues. C'est l'un des premiers rapports réalisés lorsque je suis arrivée dans cette organisation. Je trouve merveilleux que nous respections la dignité des personnes, non seulement lorsqu'elles sont en vie, mais aussi lorsqu'elles ont perdu la vie. Et que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir pour réunir les familles, non seulement dans la vie, mais aussi dans la mort.
Je tiens donc à remercier le Bureau et le Comité permanent pour leur travail. Et j'attends avec impatience les débats que nous aurons sur ces sujets.
Grèce, PPE/DC, Président de l'Assemblée
12:16:05
Merci, Mme Saskia KLUIT.
M. Christophe BRICO, au nom du Groupe du Parti populaire européen. M. Christophe BRICO, vous avez la parole.
Merci Monsieur le Président,
Depuis des mois, des années presque, nous parlons ici des reculs de la démocratie, et bien que le rapport sur les élections en Albanie mentionne que globalement les choses se sont bien passées, si on écoute, Mme la rapporteure, jusqu'à la fin, on entend pression, crime organisé, achat de vote et un certain nombre de choses qui sont préjudiciables à une élection fonctionnelle. L'élection, c'est le fondement de la démocratie. Une élection libre, équitable, équitable dans l'accès aux médias, par exemple, ça aussi c'était mentionné par Mme la rapporteure. Évidemment, la réalité est toujours un peu plus complexe. Mais M. Frank SCHWAB parlait de dialogue ; un dialogue n'est possible que s'il se fonde sur une réalité claire et observée. Et nous avons l'impression que les rapports ont tendance à un petit peu édulcorer un certain nombre de choses qui ne devraient pas être acceptables, même si elles n'arrivent qu'une fois ou que quelques fois. Pour ces raisons, nous resterons attentifs à la poursuite du dialogue, puisque le pays, l'Albanie, est encore en dialogue. Mais nous appelons vraiment à ce que les rapports d'observation d'élections soient un peu plus stricts dans les éléments, les déviations observées par rapport à un système vertueux. Et je crois que dans cette maison qui défend la démocratie, l'état de droit et les droits fondamentaux, on est en droit d'attendre les plus hauts standards quand il s'agit d'élections.
Je vous remercie.
Grèce, PPE/DC, Président de l'Assemblée
12:17:56
Merci, M. Christophe BRICO.
Au nom des Conservateurs européens, Patriotes & Affiliés, le chef du groupe, M. Zsolt NÉMETH.
M. Zsolt NÉMETH, vous avez la parole.
Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues,
M. Frank SCHWAB a dit qu'il y a des pays qui veulent saper nos valeurs. J'espère qu'il ne parlait pas de la lettre des neuf Premiers ministres sur la Convention européenne des droits de l'homme. Je pense que nous devons faire preuve d'un peu plus d'autocritique à la suite de cette lettre. Personnellement, je voudrais saluer la lettre des neuf Premiers ministres, et je suis sûr que beaucoup d'autres Premiers ministres auraient signé cette lettre s'ils en avaient eu l'occasion et se sont joints à cette initiative.
Je voudrais noter le fait que le Président de la Cour va participer à notre débat. C'est un bon signe. Cependant, s'il décide de participer au débat, je pense qu'il serait sage de répondre également aux réflexions des parlementaires.
Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une attaque contre le Conseil de l'Europe, ni contre la Cour. Je crois qu'il y a deux raisons principales, chers collègues.
La première est le problème des migrations. La migration est l'un des défis les plus sérieux pour l'Europe, et nous n'avons pas trouvé jusqu'à présent la réponse adéquate à la nouvelle ampleur du phénomène.
Et les décisions de justice, oui, ont tendance à bloquer les solutions viables que nos États membres ont développées. Par exemple, dans mon cas, la Hongrie. La Hongrie doit payer 1 million d'euros par jour pour sa politique migratoire. Au total, cela représente près d'un demi-milliard, et dans un an, ce sera plus d'un milliard d'euros. S'agit-il d'une décision proportionnée de la Cour ? Ne s'agit-il pas plutôt d'une punition pour la politique migratoire de la Hongrie ?
Deuxièmement, chers collègues, je dois souligner que nous respectons l'indépendance du pouvoir judiciaire. Mais il existe un phénomène appelé activisme judiciaire, et les tribunaux ont parfois tendance à ignorer leurs compétences écrites, et pas seulement dans le domaine de l'immigration. Ils agissent parfois comme des canons. Cet activisme judiciaire est un défi majeur pour la démocratie. Le Conseil de l'Europe devrait devenir un vecteur de dialogue politique pour sauver le Conseil de l'Europe, le système de la Convention et la Cour elle-même.
Je vous remercie de votre attention.
Grèce, PPE/DC, Président de l'Assemblée
12:21:23
Merci, M. Zsolt NÉMETH.
Mme Lucia PLAVÁKOVÁ au nom de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe.
Chers collègues, chers amis, au nom du groupe de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE), je voudrais exprimer notre profonde inquiétude face à l'érosion continue des normes en matière de droits de l'homme en Europe.
La semaine dernière, en Slovaquie, le débat final a eu lieu sur un amendement constitutionnel, le vote final étant prévu pour le mois de septembre. Cette proposition de modification comprend une disposition qui sape ouvertement la suprématie des traités et obligations internationaux en matière de droits de l'Homme. Elle affirme que la Constitution slovaque prévaut sur le droit communautaire et les traités internationaux dans les questions liées à l'identité nationale, en particulier dans des domaines fondamentaux tels que la protection de la vie et de la dignité humaine, la vie privée et familiale, le mariage, la parentalité, la moralité publique, le statut personnel, la culture et la langue. Elle s'étend même aux soins de santé, à la science, à l'éducation et à l'héritage.
Comme vous pouvez le constater, la disposition est si large qu'elle pourrait couvrir presque tous les droits protégés par la Convention. Comme l'a explicitement déclaré le ministère slovaque de la justice, cela signifie que la Slovaquie pourrait choisir de ne pas se conformer aux décisions de la Cour européenne des droits de l'Homme lorsqu'elle les juge incompatibles avec la disposition constitutionnelle.
En outre, l'amendement inclut la reconnaissance de seulement deux sexes, masculin et féminin, déterminés strictement biologiquement, interdisant de fait la transition de genre, un droit parental d'exclure les enfants de certaines parties de l'éducation sur la base de leurs croyances, et la définition de la parentalité comme étant strictement entre un homme et une femme, interdisant l'homoparentalité.
Certains partisans de ce changement constitutionnel ont même exprimé l'espoir qu'il inspire d'autres pays. Si cela se produit, le système de protection des droits de l'Homme en Europe, que nous avons construit et défendu pendant des décennies, serait gravement menacé.
Au nom de notre groupe, je vous demande instamment de continuer à vous opposer à de telles attaques contre les droits de l'Homme et les libertés fondamentales. Nous ne devons pas rester silencieux.
Le mois prochain, en juillet, nous célébrerons les 30 ans du génocide de Srebrenica. Un rappel horrible de ce qui se passe lorsque la haine n'est pas contrôlée. Cela commence toujours par la haine, la peur et la discrimination, et cela se termine par des vies perdues. N'oublions jamais et ne cessons jamais de défendre les droits de l'Homme et la dignité humaine pour tous. Vraiment, pour tous. Je vous remercie.
Grèce, PPE/DC, Président de l'Assemblée
12:24:28
Merci, Mme Lucia PLAVÁKOVÁ.
Au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne, la coprésidente du groupe, Mme Laura Castel. Mme Laura CASTEL, vous avez la parole.
Je vous remercie. Merci, Monsieur le Président.
En ce qui concerne l'atteinte aux valeurs communes, nous voudrions insister sur plusieurs questions que nous considérons comme primordiales. Tout d'abord, à propos de Gaza. Nous condamnons fermement le génocide qu'Israël mène depuis trop longtemps sous la forme d'une attaque systématique contre la population civile palestinienne, qui a causé des morts insupportables. C'est une guerre contre les enfants. La destruction de toutes les infrastructures vitales, les attaques contre les hôpitaux et le blocage de l'aide humanitaire sont des faits qui sont considérés comme des crimes de guerre et des actes de génocide. Il est inacceptable que des êtres humains soient massacrés alors que nombre de nos gouvernements adoptent une attitude passive face à de graves violations des droits de l'homme et du droit humanitaire international. Il s'agit d'une déshumanisation qui a lieu sous nos yeux. La tolérance à l'égard de cette barbarie est effrayante. Nous exhortons nos gouvernements et les institutions internationales à agir avec force et à mettre fin à cette horreur, à cette punition collective illégale et au crime que constitue l'utilisation de la famine des enfants comme méthode de guerre. La communauté internationale doit mettre fin à son silence et à son inaction.
Deuxièmement, nous devons mentionner l'agression de l'Iran par Israël et les États-Unis. En effet, nous condamnons fermement le régime iranien, une dictature qui a tué des milliers de ses propres civils. Nous serons toujours aux côtés des peuples opprimés. Mais l'agression contre l'Iran est inacceptable car elle constitue une violation du droit international. Aucune autorisation du Conseil de sécurité n'a été accordée. Même la Constitution des États-Unis a été violée puisqu'aucune autorisation du Congrès n'a été accordée. En outre, l'Agence internationale de l'énergie atomique a déclaré qu'il n'y avait aucune preuve de l'existence d'armes nucléaires en Iran. En bref, il s'agit d'un message d'avertissement clair des États-Unis au reste du monde. Ils diffusent largement le chaos. Ils se moquent du droit international et des êtres humains et agissent comme les régimes autoritaires qu'ils ont l'intention de détruire.
Pour conclure, un commentaire sur les élections en Allemagne. Le résultat final reste en suspens en raison d'un examen en cours par la Commission de validation des élections du Bundestag. Nous craignons que le rôle du Bundestag dans la validation des élections ne présente un conflit d'intérêt, mais aussi que l'absence de délai pour la résolution des plaintes ne soulève des questions quant à la protection des droits électoraux. Cette situation a été soulignée dans les rapports de l'OSCE et n'est pas conforme aux normes établies par la Commission de Venise du Conseil de l'Europe. Nous appelons donc les autorités allemandes à conclure le processus électoral, y compris leurs comptes, dans un délai raisonnable, afin de garantir la légitimité des élections dans l'intérêt de la transparence et d'un processus électoral équitable, conformément aux normes démocratiques internationales.
Merci, Monsieur le Président.
Grèce, PPE/DC, Président de l'Assemblée
12:28:08
Avec Mme Laura CASTEL, nous avons terminé les orateurs au nom des groupes politiques.
J'ouvre maintenant la liste d'orateurs. Nous n'aurons pas beaucoup de temps car, comme je l'ai dit, nous devons poursuivre avec le Prix Vigdís.
Mais nous avons maintenant le temps d'écouter notre premier orateur, M. Jone BLIKRA. Jone.
Merci, Monsieur l'orateur.
L'une des principales conclusions du rapport est que les élections parlementaires de 2025 en Albanie ont été compétitives et organisées de manière professionnelle, mais qu'elles se sont déroulées dans un environnement très polarisé et que les candidats n'ont pas bénéficié de conditions égales. Néanmoins, les candidats ont généralement pu faire campagne librement, même si certains ont déclaré avoir été victimes d'intimidations.
L'administration électorale a géré le processus de manière inclusive et transparente.
Toutefois, il est très préoccupant de constater que le parti au pouvoir a manifestement bénéficié d'une utilisation généralisée des ressources administratives pendant la campagne, ce qui lui a conféré un avantage indu.
Un grand nombre d'évaluations négatives ont été formulées, principalement en ce qui concerne les lacunes procédurales.
Il est donc nécessaire de faire évoluer la culture politique au sens large pour renforcer la confiance du public et garantir la bonne gouvernance à tous les niveaux de la société, ce qui commence par des élections pleinement conformes aux normes européennes.
Le vote de la diaspora marque une étape importante dans l'histoire démocratique de l'Albanie. Le vote de la diaspora, introduit pour la première fois pour ces élections, a permis aux Albanais vivant à l'étranger de contribuer au développement de leur pays en tant que citoyens.
Le taux de participation a été de 42,2 %, contre 46,3 % pour les élections législatives de 2021. Il s'agit bien sûr d'une préoccupation.
L'une des raisons est que les jeunes se désintéressent des élections parce qu'ils ne se sentent pas représentés et qu'ils voient peu de différence entre les politiques des partis existants.
Bien que le rapport décrive plusieurs défis liés aux élections et au système politique albanais, l'Albanie est sur la bonne voie et bien engagée sur la voie de l'adhésion à l'UE et d'un système politique qui promeut la démocratie et la transparence.
Grèce, PPE/DC, Président de l'Assemblée
12:30:57
Merci, M. Jone BLIKRA.
Chers collègues, nous allons maintenant faire une pause de deux minutes. Veuillez rester assis afin que le prix puisse être décerné dans l'hémicycle et que les derniers candidats puissent entrer dans la salle.
Grèce, PPE/DC, Président de l'Assemblée
12:32:30
Chers collègues, Mesdames et Messieurs, c'est un plaisir d'ouvrir la cérémonie de remise des prix de la deuxième édition du prix Vigdís de l'Assemblée parlementaire pour l'empouvoirement des femmes. Hier, je me demandais pourquoi j'attribuais des prix. En remontant dans l'histoire, j'ai découvert que les prix parlent un langage aussi vieux que la politique. Ils sont le moyen pour la société de dire "nous vous voyons". Ils éclairent les chemins, célèbrent le courage et valident l'espoir. Des anciennes couronnes de laurier des Jeux olympiques aux cérémonies d'aujourd'hui, les prix ont toujours été plus qu'une simple reconnaissance. Ils ont été un signal pour les autres. Tel est le message : suivez la lumière. Certains disent que l'excellence est une idée dépassée à l'ère des algorithmes et de la production de masse. Je pense le contraire. Dans notre monde bruyant et distrait, l'excellence est plus importante que jamais. Elle nous rappelle que la détermination, la résilience et l'intégrité comptent encore et inspirent toujours. Le prix Vigdís récompense l'excellence dans un but précis : l'autonomisation des femmes dans toute leur diversité. Cela signifie qu'il faut soutenir non seulement l'égalité des sexes, mais aussi la visibilité, la participation, la dignité et l'action. Il s'agit d'amplifier des voix qui ont trop souvent été réduites au silence et de reconnaître les efforts - de la base au niveau mondial - qui élèvent les femmes et les aident à prendre la place qui leur revient dans la société. Je tiens à exprimer ma sincère gratitude à la République d'Islande pour son soutien indéfectible - non seulement financier, mais aussi symbolique - à travers le puissant héritage de Vigdís Finnbogadóttir, la première femme élue présidente dans le monde. Pionnière, leader culturel et visionnaire, Vigdís nous a montré qu'il n'est pas nécessaire de crier pour être fort. Sa vie reste un témoignage de révolution tranquille et de courage pacifique. Nous avons l'honneur d'accueillir aujourd'hui Mme Auður Edda JÖKULSDÓTTIR, envoyée spéciale pour l'égalité des sexes au ministère islandais des affaires étrangères. Mme Auður Edda JÖKULSDÓTTIR, vous avez la parole.
Envoyée spéciale pour l'égalité des genres au Ministère des Affaires étrangères de l'Islande
12:35:02
Monsieur le Président de l'Assemblée,
Mesdames et Messieurs les députés,
Chers candidats et collègues,
Au nom de mon gouvernement, je salue chaleureusement les candidates de cette année au prix Vigdís pour l'empouvoirement des femmes. Je remercie également le jury d'avoir mis en lumière des projets remarquables, issus de différents contextes et régions du monde, qui relèvent des défis mondiaux urgents - de la transition écologique à la violence sexiste, en passant par la défense de la place des femmes dans les instances décisionnaires.
Je tiens également à féliciter le Conseil de l'Europe, et en particulier l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), d'avoir lancé ce prix au cours de la récente présidence islandaise du Conseil. Cette initiative était à la fois opportune et visionnaire, surtout aujourd'hui, dans un contexte de conflits, de polarisation croissante et de recul mondial de l'égalité entre les femmes et les hommes. Cela se traduit par des tendances négatives telles que l'augmentation de la désinformation et de la violence fondée sur le genre, à la fois en ligne et hors ligne. À cet égard, la convention d'Istanbul joue un rôle essentiel en Europe et au-delà.
L'égalité des sexes est au cœur de la politique étrangère de l'Islande. Nous collaborons avec des pays aux vues similaires sur la manière de réagir aux réactions négatives auxquelles nous sommes confrontés, nous plaidons pour l'empouvoirement des femmes au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, dont nous sommes désormais un membre élu, comme nous l'avons fait ici à Strasbourg pendant notre présidence. Notre service des affaires étrangères organise des événements et des discussions dans le monde entier sur l'égalité entre les hommes et les femmes. Demain, je me réjouis de participer au troisième événement sur le rôle des hommes et des garçons dans l'égalité des sexes, organisé par les missions permanentes nordiques ici à Strasbourg.
Au niveau national, l'égalité entre les femmes et les hommes, et l'intégration de la dimension de genre, restent une priorité pour mon gouvernement, qui s'attache tout particulièrement à mettre fin à la violence fondée sur le sexe et à combler l'écart de rémunération entre les femmes et les hommes. Cette année, nous célébrons également l'"Année de la femme" en Islande, en l'honneur du 50e anniversaire de la grève des femmes de 1975, au cours de laquelle 90 % des femmes du pays ont pris un jour de congé par solidarité pour lutter pour leurs droits. Nous célébrons le chemin parcouru et nous rappelons ce qu'il reste à faire pour parvenir à une égalité totale entre les hommes et les femmes.
Alors que nous décernons ce prix pour la deuxième fois, j'éprouve une grande joie à honorer l'héritage de notre présidente Vigdís Finnbogadóttir, et je sais qu'elle est en Islande et qu'elle nous regarde en ce moment même. Elle a dirigé avec courage et conviction, devenant un modèle puissant, ancré dans des valeurs que nous continuons à chérir aujourd'hui encore, en encourageant la paix, l'art du dialogue, l'apprentissage des langues, la coopération entre les cultures et la protection de notre nature et de notre planète.
Le prix Vigdís rend hommage à ceux qui donnent aux femmes et aux jeunes filles les moyens d'agir, et nous rappelle que leur combat est notre devoir collectif. Au nom de mon gouvernement, le premier de l'histoire à être dirigé par trois femmes, je félicite chaleureusement toutes les candidates. En ces temps de réaction brutale, et alors que nous célébrons le 81e anniversaire et le 25e anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité, nous devons rester inébranlables dans notre lutte pour l'égalité des sexes.
Je vous remercie de votre attention.
Grèce, PPE/DC, Président de l'Assemblée
12:38:57
Merci, Madame JÖKULSDÓTTIR.
Je suis vraiment heureuse et honorée d'entendre que Vigdís nous regarde comme elle l'a fait l'année dernière. Et nous voulons la remercier pour ce qu'elle a fait pour les femmes en politique. Mais aussi pour la politique en général. Nous ne pourrons jamais oublier, nous n'oublierons jamais le rôle qu'elle a joué dans cette rencontre très importante entre les dirigeants des deux mondes à l'époque. Je veux parler de Ronald Reagan et de Mikhaïl Gorbachev.
Chers amis, avant de poursuivre, je voudrais vous inviter à regarder une courte vidéo qui raconte l'histoire de ce prix et de la femme extraordinaire dont il porte le nom. Regardons la vidéo.
Grèce, PPE/DC, Président de l'Assemblée
12:46:01
J'y reviendrai plus tard, à propos des femmes dans le monde.
Je suis très heureux de voir que notre ancien Président, M. Tiny KOX, est parmi nous aujourd'hui. Vous l'avez déjà vu à l'écran, signant au nom de l'Assemblée ce prix très important.
Chers collègues, plus de 100 candidatures éligibles ont été soumises pour le prix Vigdís. Elles provenaient du monde entier et étaient très diverses en termes de forme, de portée et de contexte, mais elles avaient un point commun. Elles étaient porteuses d'espoir, l'espoir que le monde peut effectivement être plus juste, plus inclusif et plus égalitaire grâce aux actions, à l'énergie et au leadership des femmes.
À chacune des nominées, j'adresse mon plus profond respect et mes plus chaleureuses félicitations. J'adresse une reconnaissance particulière aux trois initiatives présélectionnées qui sont avec nous aujourd'hui : The Green Girls Organisation, représentée par Mme Monique Ntumngia ; Mme Gisèle Pélicot, représentée par son avocat, Me Stéphane Babonneau ; Women of the Sun, représentée par Mme Reem Alhajajra. Ce que vous avez fait, ce que vous faites, n'est pas seulement admirable, c'est concret, exigeant et profondément humain. Vous nous rappelez que le véritable changement ne naît pas des gros titres ou des hashtags, mais des choix quotidiens, de la persévérance tranquille et de la décision d'agir même lorsque les chances semblent impossibles.
Permettez-moi également de remercier les membres du jury de sélection pour leur travail rigoureux et réfléchi, à savoir M. Robert BIEDROŃ de Pologne, Mme Rósa Björk BRYNJÓLFSDÓTTIR d'Islande, Mme Sandra Konstatzky d'Autriche, Mme Iris Luarasi d'Albanie, Mme Sanam Naraghi Anderlini du Royaume-Uni et Finnborg Salome Steinþórsdóttir d'Islande.
J'y participe et c'est la seule possibilité que j'ai de voter.
Chers collègues, vous avez abordé la tâche - je parle du jury maintenant - non seulement avec discernement, mais aussi avec un objectif clair. C'est ce qui donne à ce prix un poids et un sens supplémentaires.
Et une fois encore, adressons nos pensées et notre admiration à Vigdís Finnbogadóttir. Bien qu'elle ne puisse pas être avec nous en personne, comme nous l'avons entendu précédemment, elle nous regarde depuis l'Islande.
Comme vous l'avez entendu dans la vidéo, elle a dit un jour : "Si le monde peut être sauvé, ce sera par les femmes". En tant qu'homme et homme politique, je dois dire que cela ressemble moins à une prédiction qu'à une correction bien nécessaire. Alors, avant que cette correction ne me laisse définitivement en charge des rafraîchissements, permettez-moi au moins de finir de représenter le prix.
Le gagnant est l'organisation Women of the Sun. Félicitations. [Applaudissements]
Vous pouvez venir. Women of the Sun a créé des opportunités pour les femmes d'entrer dans des domaines traditionnellement dominés par les hommes, y compris la politique, les affaires et la technologie. En donnant aux femmes des moyens financiers, elles se sont assurées qu'elles étaient en mesure de subvenir aux besoins de leur famille et de revendiquer leur place dans la vie publique. L'organisation a également mené des initiatives visant à réunir les femmes palestiniennes et israéliennes et à favoriser le dialogue. L'un des sponsors qui a proposé le prix Women of the Sun était précisément l'organisation sœur en Israël, Women Wage Peace. Je crois que c'est la preuve que lorsque les femmes s'assoient ensemble, elles ne parlent pas de guerre, mais plutôt de solutions, de dignité et d'un meilleur avenir pour leurs enfants.
J'invite donc la lauréate, Mme Reem Alhajajra, à venir à la tribune et à dire quelques mots.
Mesdames et Messieurs, membres de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, invités d'honneur, chers amis, c'est avec fierté et humilité que je me tiens devant vous aujourd'hui pour porter cette reconnaissance. Non pas en mon seul nom, mais au nom des milliers de femmes palestiniennes qui continuent d'élever la voix, malgré tous les défis, en déclarant : "Nous n'attendrons pas notre tour. Nous le créerons. Ce prix n'est pas seulement le mien. C'est un hommage à toutes les femmes palestiniennes qui ont résisté à la marginalisation et ont insisté pour devenir des leaders dans leur communauté. J'ai vu des femmes transformer la douleur en pouvoir, l'exclusion en initiative et le silence en une voix forte réclamant des droits. Nous ne demandons pas de la sympathie. Nous demandons des opportunités. Nous ne voulons pas de symbolisme. Nous voulons une véritable inclusion. Nous ne sommes pas des victimes à secourir. Nous sommes des leaders qui méritent d'être reconnus et soutenus. Nous, les femmes, construisons l'économie, éduquons les générations, prenons soin de notre société et menons le changement. Nous recherchons un véritable empouvoirement qui inclut l'accès à l'éducation, au financement et aux espaces de décision. Ce prix envoie un message au monde entier : investissez dans les femmes, croyez en elles, suivez-les. Et à toutes les filles qui pensent que leur rêve est trop grand pour leur réalité ou que leur voix n'est pas entendue, je dis : vous n'êtes pas seules. Nous nous élevons ensemble, main dans la main. Je vous remercie du fond du cœur pour cette reconnaissance et pour avoir cru au pouvoir des femmes.
Grèce, PPE/DC, Président de l'Assemblée
12:54:23
J'invite maintenant les deux autres candidats nominés à prendre la parole et à nous lire leur discours.
"Mais Madame, on n’a pas de lumière… alors comment est-ce qu’on va faire pour étudier la nuit ?"
C’est cette simple question qu’Aminata m’a posée en septembre 2014, alors que j’étais une jeune directrice de programme travaillant dans le nord du Nigéria, précisément à Kano, qui a conduit à la création de la Green Girls Organisation dix ans plus tard.
Distingués invités, Mesdames et Messieurs, toutes les autorités dûment respectées, bon après-midi à toutes et à tous.
Dès l’instant où nous avons appris que la Green Girls Organisation était finaliste du Prix Vigdís 2025, nous avons su que le monde allait en savoir davantage sur notre travail, sur son caractère innovant, et sur notre engagement en tant que seule entreprise sociale panafricaine dans le secteur de l’énergie qui utilise l’intelligence artificielle pour identifier les problèmes spécifiques que rencontrent les femmes et les filles dans les zones rurales africaines en matière d’énergie propre, et qui transforme ces données collectées via notre algorithme en solutions concrètes : des installations solaires pour l’électricité et des installations de biogaz pour une cuisson propre.
Au cœur de notre travail, trois mots nous définissent et guident chacune de nos actions : innovation, impact et durabilité.
C’est ce qui nous pousse à aller plus loin : nous ne nous contentons pas de fournir de l’énergie propre, nous formons aussi ces femmes et ces filles aux compétences éco-entrepreneuriales, pour qu’elles deviennent financièrement autonomes grâce à la vente de lampes solaires qu’elles apprennent à assembler, ou encore grâce à la vente d’engrais organique, un sous-produit issu des biodigesteurs. Nous leur montrons comment le collecter, le conditionner, et nous créons des débouchés pour le vendre.
À l'Assemblée du Conseil de l’Europe, merci. Merci de nous avoir vus. Merci de nous avoir donné cette plateforme pour que le monde entier découvre un travail qui est réplicable, évolutif, et dont l’impact traverse aujourd’hui 7 pays africains et 78 communautés rurales, touchant la vie de plus de 15 000 femmes et filles, avec plus de 3 500 installations solaires fournissant de l’électricité et 3 100 installations de biogaz assurant une cuisson propre.
À travers des organisations comme le Conseil de l’Europe et des prix tels que le Vigdís, des femmes comme moi qui ont fait de cette cause leur mission de vie se sentent reconnues, entendues et soutenues. Pour cela, je vous dis merci. Merci de voir notre combat. Merci de reconnaître notre travail.
Le chemin est encore long, et tant reste à faire. Mais soyez-en assurés, dans 10 ans encore, l’impact de Green Girls Organisation continuera de résonner sur tout le continent africain.
Je vous remercie.
Représentant de Gisèle Pelicot
12:58:31
Je vous remercie.
Mme Gisèle PELICOT aurait souhaité être présente aujourd'hui parmi vous afin de pouvoir vous parler elle-même de son combat, qui est actuellement encore dans une phase judiciaire qui n'est pas encore terminée, ce qui explique son absence devant votre Assemblée. Ce combat, elle ne l'a pas choisi, mais elle l'a assumé avec une détermination totale lorsqu'il y a moins d’un an, elle a soudainement été poussée dans la lumière.
Parce que là où les femmes sont victimes de violences, il ne peut y avoir de liberté, quelle qu'elle soit. Les violences sexuelles, dont le viol est l’expression la plus brutale, constituent la négation ultime de la liberté des femmes, celle qui leur arrache ce qui fait l’essence même de leur humanité : le droit au respect de l'intégrité de leur corps en toutes circonstances. Quand une femme perd cette liberté, elle perd une part de son humanité et se retrouve ravalée au rang d’objet.
À chacune des centaines d’agressions qui lui ont été imposées pendant une dizaine d'années, Mme Gisèle PELICOT a subi le vol de sa liberté et aussi celui d’une part de son humanité. Face à cette négation vertigineuse de ses droits fondamentaux, Gisèle Pelicot a fait le choix de relever la tête et de reprendre la liberté qui lui avait été dérobée.
Le message que Mme Gisèle PELICOT m'a fait l'honneur de me demander de porter dans cette enceinte aujourd’hui s’adresse à toutes les femmes qui ont vécu cette épreuve ou qui auront malheureusement à la vivre dans le futur. À ces femmes, Gisèle Pelicot souhaite leur dire les mots suivants :
"Je souhaite que vous sachiez que nous disposons toutes en nous des ressources que nous ne soupçonnons pas, qui se révèlent parfois seulement lorsque nous sommes confrontées à des épreuves qui nous semblent insurmontables. Si vous êtes isolée, sachez que vous n'êtes pas seule pour autant, car notre nombre se compte en dizaines et peut être même en centaines de millions. N'acceptez jamais qu'on vous dérobe votre liberté, n'acceptez jamais qu’on vous arrache votre humanité. Et surtout, surtout, n'ayez jamais honte de ce qui vous a été imposé par la force."
Mme Gisèle PELICOT a interpellé avec puissance le monde entier sur la gravité extrême du viol, mais aussi sur le courage tout aussi extrême des femmes qui y font face. Mais le courage individuel n'est pas suffisant pour que les violences sexuelles intègrent le passé de notre histoire commune. Pour que cette éradication devienne une réalité, il faut que le regard que la société porte sur les victimes et sur les auteurs de violences sexuelles évolue.
Membres du jury, en invitant aujourd'hui Mme Gisèle PELICOT dans cette enceinte, vous avez apporté une pierre à cet édifice commun, afin que le regard change, que la honte change de camp. Et pour cela, Mme Gisèle PELICOT vous remercie.
Grèce, PPE/DC, Président de l'Assemblée
13:02:17
Chers collègues, la séance est levée.
La prochaine séance a lieu à 16h30. Je vous remercie de votre attention.