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Un rapporteur de suivi de l'APCE exprime sa vive inquiétude concernant la surveillance des journalistes et des militants serbes

Le rapporteur de l'APCE pour le suivi de la Serbie, Axel Schäfer (Allemagne, SOC), a exprimé aujourd'hui son inquiétude concernant les récentes révélations sur la surveillance des journalistes et des militants serbes.

« Je suis profondément choqué par les récentes découvertes d'Amnesty International et du Balkan Investigative Reporting Network (BIRN), selon lesquelles la police et les services de renseignement serbes utilisent des logiciels espions avancés pour téléphones ainsi que des produits de criminalistique pour téléphones portables afin de cibler illégalement des journalistes, des militants et d'autres personnes. Selon ces informations, de nombreuses personnes ont vu leur téléphone piraté alors qu'elles étaient en garde à vue ou faisaient l'objet d'une enquête de police. En dehors de tout cadre juridique ou de toute surveillance, la technologie israélienne Cellebrite a été utilisée pour extraire des données des téléphones portables des individus et un système d'espionnage développé localement, NoviSpy, a été installé sur les appareils.

Je condamne fermement cette pratique, qui viole le droit au respect de la vie privée et peut compromettre l'exercice d'autres droits humains, tels que la liberté d'expression, de réunion et d'association. Elle a également un effet dissuasif sur les activités des journalistes et des militants de la société civile dans leur rôle d'observateurs, et mine la confiance dans les institutions démocratiques et l'État de droit.

Dans sa Résolution 2513 (2023) sur Le logiciel espion Pegasus et les autres types de logiciels similaires, et la surveillance secrète opérée par l’État, l'Assemblée a condamné l'utilisation de logiciels espions par les autorités de l'Etat à des fins politiques et a souligné que l'utilisation de logiciels espions de type Pegasus devait être limitée à des situations exceptionnelles, comme mesure de dernier recours, en cas de menaces graves pour la sécurité nationale ou de crimes graves.

J'appelle donc les autorités serbes à cesser d'utiliser des logiciels espions hautement intrusifs et des produits de criminalistique numérique pour espionner la vie privée et les communications des individus. Les autorités devraient également offrir des recours efficaces aux victimes de surveillance ciblée illégale, mener des enquêtes efficaces sur ces abus et demander des comptes aux responsables ».