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Des rapporteurs de suivi de l’APCE appellent au dialogue pour désamorcer les tensions en Serbie

Drapeau de la Serbie

Les corapporteurs de l'APCE pour le suivi de la Serbie, Axel Schäfer (Allemagne, SOC) et Victoria Tiblom (Suède, CEPA), ont fait aujourd'hui la déclaration suivante concernant la situation dans le pays :

« Nous sommes très préoccupés par le climat politique en Serbie, qui a récemment été marqué par une nouvelle vague de protestations massives. Celle-ci a débuté en novembre 2024 après l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad, qui a fait 15 morts. Initialement menées par des étudiants, ces manifestations se sont étendues à l'ensemble du pays et incluent divers groupes sociaux qui réclament la responsabilité, la transparence et la justice. Les manifestants dénoncent la corruption profondément enracinée dans les institutions publiques, qui sape l'État de droit, la confiance du public et le bon fonctionnement de la démocratie.

Dans ce contexte politique instable, nous soulignons que le dialogue constructif et inclusif est la seule solution appropriée pour désamorcer les tensions dans un pays démocratique. Nous demandons instamment au gouvernement serbe, aux dirigeants politiques et aux institutions publiques de prendre toutes les mesures nécessaires pour répondre aux demandes légitimes des manifestants et d'éviter le recours à la violence.

Nous sommes particulièrement préoccupés par les cas de violence contre les manifestants par la police ou des acteurs privés, et par les incidents causés par l'absence de protection suffisante des rassemblements publiques par les autorités policières. Nous condamnons ces actes de violence et demandons que des enquêtes efficaces et rapides soient menées sur ces incidents. Nous soutenons également la proposition de l'OSCE/BIDDH de déployer une mission de suivi pour évaluer le respect du cadre du droit à la liberté de réunion et des normes démocratiques internationales pertinentes, et nous espérons que les autorités inviteront prochainement cette mission.

Nous regrettons la détérioration des conditions de travail des ONG et des défenseurs des droits humains, ainsi que les informations faisant état de harcèlement, de campagnes de diffamation et d'intimidation de la part des autorités à leur encontre. De nombreuses organisations de la société civile se sont d'ailleurs formellement retirées de la coopération avec divers groupes de travail gouvernementaux et d'autres organes gouvernementaux, invoquant le manque de bonne foi des autorités.

Soulignant le rôle de la société civile en tant que « garde-fou » dans une société démocratique, nous appelons les autorités serbes à mettre fin à une rhétorique méprisante et à des pratiques restrictives et arbitraires, et à respecter leurs obligations internationales en matière de droits humains, notamment le droit à la liberté d'expression, d'association et de réunion.

Nous réitérons également nos préoccupations exprimées dans la déclaration du 23 décembre 2024 concernant les révélations sur la surveillance des journalistes et des militants serbes, et exhortons à nouveau les autorités à mettre fin à cette pratique, à mener des enquêtes efficaces sur les abus et à demander des comptes aux responsables ».