19/06/2025 Migrations, protection internationale et coopération économique
À la veille de la Journée mondiale des réfugiés (20 juin), Oleksii Goncharenko (Ukraine, CEPA) Président de la Commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées de l'APCE, a fait la déclaration suivante :
« Alors que la Journée mondiale des réfugiés 2025 est célébrée sous le signe de la solidarité, je tiens à souligner à quel point il est vital que la communauté internationale soit aux côtés des millions de personnes réfugiées dans le monde. Chacun·e d'entre nous pourrait un jour être contraint·e de fuir la guerre, la répression politique, la persécution ou les conséquences dévastatrices du changement climatique.
La guerre d'agression qui fait rage contre l'un des États membres du Conseil de l'Europe - l'Ukraine - a suscité un soutien substantiel à des millions de personnes, principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées, qui ont trouvé un répit à l'étranger et qui, par la suite, ont exprimé leur profonde gratitude pour la solidarité dont ils et elles ont bénéficié en Europe. Un soutien similaire est nécessaire pour toutes les personnes déplacées dans le monde.
La solidarité n'est pas seulement une expression d'empathie, c'est un engagement en faveur de solutions pratiques et à long terme qui respectent la dignité et les droits des personnes déplacées. L'aide d'urgence est vitale, mais elle doit être accompagnée de politiques durables permettant ce que le HCR appelle des "solutions durables" afin que les personnes réfugiées puissent reconstruire leur vie, participer pleinement à la société et contribuer à leur communauté d'accueil.
Cette journée marque l'anniversaire de la Convention sur les réfugiés de 1951, un instrument historique qui a renforcé le droit de demander l'asile inscrit à l'article 14 de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Pour honorer cet héritage, ce droit doit être respecté et défendu dans le monde entier afin que les personnes fuyant le danger et d'autres conditions désastreuses puissent trouver sécurité et protection. Les systèmes d'asile doivent pouvoir répondre aux besoins des personnes demandeuses d’asile. Les procédures doivent être équitables, humaines, individualisées et accessibles, comme le rappelle l'APCE dans sa Résolution 2555 (2024) « Garantir des procédures d'asile conformes aux droits humains ».
Alors que la crise climatique s'intensifie, le nombre croissant de personnes déplacées dans le contexte des catastrophes et du changement climatique doit également être pris en compte. Ces personnes n'ont pas d'autre choix que de quitter des lieux meurtriers. Les réponses de la communauté internationale doivent refléter cette réalité, comme le souligne la Résolution 2401(2021) « Climat et migrations ».
Il est tout aussi important de faire face à la montée des discours de haine et de xénophobie dirigés contre les étrangers ou les personnes perçues comme telles. Les personnes réfugiées ne font malheureusement pas exception à cette intolérance et à cette agression. Le discours de haine est un crime et doit être combattu en tant que tel, comme l'a rappelé le Comité des Ministres du Conseil de l'Europe dans sa Recommandation CM/Rec(2022)16. Cette rhétorique alimente les divisions, érode la cohésion sociale et inflige un préjudice supplémentaire à des personnes déjà vulnérables. Au contraire, il est essentiel de favoriser l'inclusion, de promouvoir la compréhension et de célébrer les contributions des réfugiés à nos communautés.
En cette Journée mondiale des réfugiés, j'appelle la communauté internationale à s'engager à nouveau à protéger les droits de toutes les personnes qui sont contraintes de fuir, à défendre leur droit à la sécurité et à promouvoir un monde où la solidarité n'est pas seulement un thème, mais une responsabilité partagée ».