Protection sanitaire et sociale des travailleuses et des travailleurs sans papiers ou en situation irrégulière
Recommandation 2255
(2023)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion
par l’Assemblée le 21 juin 2023 (17e séance)
(voir Doc. 15784, rapport de la commission des questions sociales, de
la santé et du développement durable, rapporteure: Mme Ada Marra;
et Doc. 15794, avis de la commission des migrations, des réfugiés
et des personnes déplacées, rapporteure: Mme Arusyak Julhakyan). Texte adopté par l’Assemblée le
21 juin 2023 (17e séance).
1. L'Assemblée parlementaire renvoie
à sa
Résolution 2504
(2023) «Protection sanitaire et sociale des travailleuses
et des travailleurs sans papiers ou en situation irrégulière» et
souligne la responsabilité qui incombe aux États membres de prévenir
les violations des droits humains à l'encontre des travailleuses
et travailleurs sans papiers. Les politiques et lois nationales
actuellement en vigueur tendent à invisibiliser cette catégorie
de travailleuses et travailleurs, à la rendre extrêmement fragile
et à l’exposer à l'exploitation, voire à la traite des êtres humains,
notamment aux fins de travail forcé.
2. L'Assemblée soutient les efforts nationaux déployés et la
mobilisation institutionnelle visant à renforcer les droits socio-économiques
pour tous en Europe, notamment par le biais des travaux du Groupe
de travail ad hoc du Comité des Ministres sur l'amélioration du
système de la Charte sociale européenne (GT-CHARTE), du Groupe de
rapporteurs sur les questions sociales et de santé (GR-SOC) et du
Comité européen des Droits sociaux. Dans ce contexte, l’Assemblée
souligne la nécessité de supprimer la restriction du champ d'application
de la Charte sociale européenne (STE no 35)
concernant l'exclusion des personnes originaires de pays qui ne
l'ont pas ratifiée et des personnes qui ne résident pas légalement
ou ne travaillent pas régulièrement sur le territoire de la Partie
concernée, et suggère d'ajouter à la Charte de nouvelles dispositions relatives
à la protection renforcée des travailleuses et travailleurs dans
les formes d'emploi atypiques.
3. À cette fin, l'Assemblée appelle le Comité des Ministres à
insister auprès des États membres afin qu’ils signent, ratifient
et mettent pleinement en œuvre le plus grand nombre possible de
dispositions de la Charte sociale européenne et de ses protocoles,
et qu’ils étendent la portée des droits existants en vertu de la
Charte à toutes les personnes qui relèvent de
facto de leur juridiction.
4. Considérant la pertinence de la Convention européenne relative
au statut juridique du travailleur migrant (STE no 93)
en ce qui concerne les conditions générales d’entrée et de séjour
des travailleurs domestiques migrants en vue d’assurer un traitement
qui ne soit pas moins favorable que celui reconnu aux nationaux, l’Assemblée
demande au Comité des Ministres d’encourager le plus grand nombre
de signatures et de ratifications de cette convention de la part
des États membres.
5. Se fondant sur l’expérience acquise lors de la pandémie de
covid-19, l’Assemblée demande par ailleurs au Comité des Ministres
de recommander aux États membres d’étendre les critères d’accès
aux mécanismes permanents de régularisation et/ou d’envisager la
mise en place de programmes ciblés de régularisation, qui protégeraient
davantage les droits socio-économiques des travailleuses et travailleurs
sans papiers; de faciliter l’accès de ces derniers à la justice,
pierre angulaire du respect de leurs droits, en mettant sur pied
des procédures garantissant le non-recoupement des données dans
les différents services, et de leur faciliter l’accès au système
de santé universel.