À la lumière de ce qui précède, l’Assemblée appelle tous les
États membres et observateurs du Conseil de l’Europe, ainsi que
les États dont le parlement jouit du statut d’observateur ou de
partenaire pour la démocratie auprès de l’Assemblée:
11.1 à adopter une législation ou
à introduire d’autres instruments équivalents pour prévenir et combattre
la répression transnationale, notamment en érigeant ses méthodes
en infractions pénales et en adoptant une définition de la répression
transnationale;
11.2 à poursuivre les auteurs d’actes de répression transnationale
par tous les moyens légaux, notamment par le biais des mécanismes
internationaux de justice pénale compétents lorsque les actes de
répression transnationale sont susceptibles de constituer des crimes
internationaux qui relèvent de leur compétence;
11.3 à considérer la répression transnationale comme une circonstance
aggravante lors de la poursuite des crimes commis dans ce contexte;
11.4 à appliquer des sanctions ciblées à l’encontre des fonctionnaires
étrangers, des personnes physiques et des entités impliquées dans
des actes de répression transnationale, en recourant à une législation
de type Magnitski ou à des instruments similaires;
11.5 à appliquer toutes les mesures juridiques disponibles
à l’encontre des diplomates, consuls et autres fonctionnaires étrangers
impliqués dans la répression transnationale, notamment en les déclarant personae non gratae et en leur imposant
des restrictions en matière de visas;
11.6 à désigner un correspondant national compétent chargé
d’élaborer et de coordonner la politique de l’État qui vise à lutter
contre la répression transnationale, notamment par le biais du suivi,
de la sensibilisation, de la mobilisation communautaire, de rapports
réguliers et de la coopération internationale;
11.7 à mettre en place des canaux de signalement dédiés qui
permettent aux victimes de la répression transnationale d’alerter
les autorités compétentes, en veillant à ce qu’ils soient dotés
de personnel correctement formé et bénéficient d’un suivi approprié
et de ressources suffisantes;
11.8 à créer des programmes de formation destinés aux autorités
chargées de l’application de la loi, axés sur la prévention, la
détection, les enquêtes et la riposte à la répression transnationale;
11.9 à mettre à la disposition des groupes vulnérables et des
cibles potentielles de la répression transnationale des ressources
accessibles, qui offrent des informations sur les formes qu’elle
peut prendre, les modalités de signalement et le soutien disponible,
dans les langues pertinentes, et qui fassent l’objet d’un examen
et d’une mise à jour réguliers;
11.10 à mettre en place des programmes de sensibilisation destinés
à instaurer la confiance et une coopération effective avec les communautés
exposées au risque de répression transnationale, telles que les
groupes de la diaspora, les dissidents politiques, les journalistes
en exil et les défenseurs des droits humains;
11.11 à collaborer étroitement avec les pays qui partagent les
mêmes valeurs, les communautés touchées et les acteurs de la société
civile pour mettre en place des mécanismes de prévention et de lutte
contre la répression transnationale;
11.12 à échanger régulièrement des informations sur les tendances
en matière de répression transnationale, tant au niveau bilatéral
que dans le cadre d’instances multilatérales, notamment le Conseil
de l’Europe, l’Union européenne, l’Organisation du traité de l'Atlantique
Nord (OTAN), l’Organisation pour la sécurité et la coopération en
Europe (OSCE) et les Nations Unies, et à renforcer la coopération
institutionnelle entre le Conseil de l’Europe, l'Union européenne
et le Service européen pour l'action extérieure en vue de développer
des normes communes, des mécanismes d’alerte précoce et des bonnes
pratiques en matière de prévention et de réponse à la répression
transnationale;
11.13 à coordonner les initiatives destinées à accroître le
niveau de transparence au sein d’INTERPOL, notamment en soutenant
les réformes qui permettent la divulgation d’informations sur les
tentatives constatées de détournement du système de notices d’INTERPOL
et la publication des décisions de la Commission de contrôle des
fichiers d’INTERPOL;
11.14 à prendre en considération l’analyse et les propositions
contenues dans le rapport de février 2026 de l’Ordre européen des
avocats pénalistes «Protéger les systèmes d’INTERPOL: recommandations
de réforme», y compris les préoccupations concernant le manque de
transparence des processus de réforme actuels d’INTERPOL et les
propositions visant à soutenir la confiance publique envers la Commission
de contrôle des fichiers d’INTERPOL et à garantir l’égalité des
armes et l’existence de recours effectifs pour les victimes de la
répression transnationale;
11.15 à informer régulièrement INTERPOL des résultats des procédures
d’extradition nationales, en particulier dans les cas qui se soldent
par un refus d’extrader la personne recherchée;
11.16 à envisager la mise en place de nouvelles procédures permettant
aux États membres d'alerter leurs propres ressortissant·es s'ils
apprennent que l'un d'eux fait l'objet d'une notice rouge malveillante émise
par des États cherchant à abuser du système des notices rouges;
11.17 à augmenter le financement des organes d’INTERPOL chargés
de prévenir le détournement de son système, notamment le Groupe
spécial Notices et Diffusions et la Commission de contrôle des fichiers
d’INTERPOL;
11.18 à tenir compte des antécédents des États en matière de
répression transnationale lors de l’examen des demandes d’extradition
et d’autres formes d’entraide judiciaire;
11.19 à envisager la mise en place de mécanismes destinés à
faciliter la délivrance de documents d’identité et/ou de voyage
pertinents pour les victimes de répression transnationale qui sont
soumises à des restrictions à la circulation et résident légalement
sur le territoire de l’État concerné. Cette mesure s’appliquerait
aux cas où l’État d’origine refuse de délivrer ou de renouveler
ces documents pour contraindre ces personnes à retourner dans leur
pays d’origine, où elles seraient exposées à de nouvelles persécutions
motivées par des considérations politiques;
11.20 à faciliter l’accès aux tribunaux et mettre en place des
recours juridiques effectifs pour les victimes de répression transnationale,
notamment celles qui se voient refuser l’accès à des services financiers
ou numériques sur la base d’une qualification abusive de terroriste
ou d’extrémiste, et contrôler de manière proactive la crédibilité
de ces qualifications étrangères, et à mettre en place des mécanismes
qui garantissent l'accès aux services bancaires de base aux personnes
privées d'accès aux services financiers en raison d'une répression
transnationale, afin de leur permettre de percevoir des revenus,
d'effectuer des paiements et de subvenir à leurs besoins quotidiens;
11.21 à rechercher d’éventuels aspects de répression transnationale
lors du traitement des demandes d’asile, en particulier dans les
cas de personnes fuyant des États dont on sait qu’ils détournent
les outils de la lutte contre le terrorisme à l’encontre d’opposants
politiques;
11.22 à promouvoir et protéger l’accès à des communications
numériques sures, y compris des services de communications chiffrées
de bout en bout, pour les personnes et les communautés exposées
à la répression transnationale, et s’abstenir de toute mesure qui
compromettrait la sécurité, la confidentialité ou l’intégrité de
telles communications.