Améliorer la qualité et la cohérence des décisions en matière d’asile dans les Etats membres du Conseil de l’Europe
Réponse à Recommandation
| Doc. 12415
| 15 octobre 2010
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- adoptée
à la 1095e réunion des Délégués des Ministres (13 octobre 2010) 2010 - Commission permanente de novembre
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1889
(2009)
1. Le Comité des Ministres a examiné attentivement
la
Recommandation 1889
(2009) de l’Assemblée parlementaire «Améliorer la qualité et
la cohérence des décisions en matière d’asile dans les Etats membres du
Conseil de l’Europe», ainsi que sa
Résolution 1695 (2009). Il a transmis la recommandation aux gouvernements des
Etats membres et aux comités directeurs concernés ; la présente
réponse tient compte des commentaires de ces derniers.
2. Le Comité des Ministres partage l’avis de l’Assemblée parlementaire
selon lequel des efforts accrus devraient être consentis pour améliorer
la qualité et la cohérence des décisions en matière d’asile dans
les Etats membres, dans l’intérêt de ces derniers et des personnes
concernées.
3. Le Comité des Ministres est conscient que les lacunes dans
la mise en œuvre des réglementations actuelles mises en lumière
par le rapport de l’Assemblée parlementaire soulèvent de graves
questions en matière de droits de l’homme auxquelles il convient
de répondre. Il tient à souligner qu’il importe que les travaux en
cours, ou envisagés, par d’autres organisations et institutions
internationales sur ces mêmes questions soient sérieusement examinés
et pris en compte avant d’entreprendre des activités similaires,
afin d’éviter non seulement un chevauchement des activités mais
aussi un conflit entre lignes directrices et entre politiques.
4. Le Comité des Ministres souscrit à la déclaration faite par
l’Assemblée dans sa
Recommandation
1917 (2010) sur les « Migrants et réfugiés : un défi permanent pour
le Conseil de l’Europe » selon laquelle « Le Conseil de l’Europe
est une organisation fondée sur des valeurs, qui a été créée pour
protéger les droits de toutes les personnes en Europe. Les migrants,
les réfugiés, les demandeurs d'asile et les personnes déplacées
sont souvent les personnes les plus vulnérables d’Europe. Il est
nécessaire de renforcer leurs droits, mais également de veiller
à ce que ces droits soient garantis dans la pratique. » Le Conseil
de l'Europe peut et devrait apporter une valeur ajoutée au niveau
paneuropéen en envisageant les politiques en matière de réfugiés
sous l’angle des droits de l’homme.
5. Le Comité des Ministres rappelle toutefois que l’Union européenne
est très active sur les questions d’asile. Des discussions sont
en cours pour la création d’un régime d’asile européen commun (CEAS)
d’ici à 2010, en vue d’établir une procédure d’asile commune et
un statut uniforme pour ceux qui se voient accorder l’asile ou une
protection complémentaire. Par ailleurs, en 2009, la Commission
européenne a proposé la création d’un Bureau européen d'appui en
matière d'asile, destiné à fournir une assistance aux pays qui reçoivent
la majorité des demandes d’asile, à aider les Etats membres à comparer
les bonnes pratiques, à organiser une formation au niveau de l’Union
européenne et à faciliter une coopération concrète entre les Etats membres
et les Etats non membres de l’Union. Un Programme européen de formation
en matière d’asile a été élaboré spécifiquement pour les personnes
s’occupant des procédures d’asile. Le réseau EURASIL de l’Union européenne
pour les praticiens de l’asile met en commun les informations par
pays et le Réseau européen des migrations s’occupe de l’échange
de données statistiques sur l’immigration et l’asile.
6. Le Comité des Ministres estime toutefois qu’il y a place pour
des actions ciblées du Conseil de l’Europe dans ce domaine, même
si, pour certaines questions, il pourrait être nécessaire d’attendre
que l’Union européenne ait mené à bien ses travaux. Le Comité pense
également qu’une coopération avec l’Union européenne sur des questions
comme la collecte de données et la formation est possible.
7. Dans ce contexte, le Comité des Ministres souligne qu’il étudie
à présent les suites à donner à la
Résolution n° 1 sur l’accès à la justice des migrants et des demandeurs
d’asile, adoptée lors de la 28e Conférence des ministres européens
de la Justice (25-26 octobre 2007, Lanzarote, Espagne).
8. S’agissant de l’appel de l’Assemblée à créer « un mécanisme
de contrôle de la qualité et de la cohérence des décisions en matière
d’asile en Europe » et à établir « un nouveau comité intergouvernemental ayant
pour mandat permanent d’examiner les questions relatives à l’asile,
aux réfugiés et aux personnes déplacées afin de remplacer le Comité
ad hoc d’experts sur les aspects juridiques de l’asile territorial,
des réfugiés et des apatrides (CAHAR) », le Comité des Ministres
rappelle le travail précieux des mécanismes de suivi existants du
Conseil de l'Europe. Il partage l’avis de l’Assemblée quant au rôle
important joué par le passé par le CAHAR. Cette question nécessite
une approche transversale et pluridisciplinaire. Le climat budgétaire actuel
ne permettant pas la création d’un nouveau comité permanent, le
Comité des Ministres examinera d’autres possibilités et moyens permettant
d’assurer la coordination nécessaire dans ce domaine.
9. Le Comité des Ministres appelle les Etats membres à suivre
ses Lignes directrices sur la protection des droits de l’homme dans
le contexte des procédures d’asile accélérées adoptées le 1er juillet
2009.
10. Enfin, le Comité des Ministres n’estime pas qu’il soit nécessaire
à ce stade d’intégrer le droit d’asile dans la Convention européenne
des droits de l’homme.