Renforcer les mesures de protection et de relance des langues gravement menacées
Réponse à Recommandation
| Doc. 12722
| 28 septembre 2011
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- adoptée
à la 1121e réunion des Délégués des Ministres (21 septembre 2011) 2011 - Quatrième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1943
(2010)
- Thesaurus
1. Le Comité des Ministres a pris note de
la
Recommandation 1943
(2010) de l'Assemblée parlementaire sur « Renforcer les mesures
de protection et de relance des langues gravement menacées » et
l'a soumise à l'attention des gouvernements des Etats membres. Il
l'a transmise au Comité d'experts de la Charte européenne des langues
régionales ou minoritaires, au Centre européen pour les langues
vivantes (CELV) à Graz, ainsi qu'au Comité directeur de l'éducation
(CDED) qui ont tous formulé des commentaires dont le Comité des
Ministres a tenu compte dans la présente réponse.
2. Le Comité des Ministres reconnaît dans la diversité linguistique
un facteur d'enrichissement mutuel. Il veille à préserver et développer
l'identité et les langues des personnes appartenant à des minorités
nationales, notamment à travers la Charte européenne des langues
régionales ou minoritaires et d'autres traités pertinents du Conseil
de l'Europe. Il s'appuie également sur les travaux du CDED et du
CELV dont la contribution à l'élaboration par l'Organisation de
politiques linguistiques a été très importante pour la promotion
du plurilinguisme en Europe. Il rappelle notamment les activités
liées à la « Journée européenne des langues », célébrée chaque année,
en coopération avec l'Union européenne, qui permet, entre autres,
de sensibiliser la population à l'importance de préserver les langues
menacées et encourage la transmission de celles‑ci aux jeunes générations.
3. Le Comité des Ministres prend note avec intérêt de la recommandation
adressée à tous les Etats membres de tirer le meilleur parti possible
de l’expérience et des possibilités qu'offre le CELV. Cela étant,
le Comité des Ministres tient à rappeler que le Centre européen
pour les langues vivantes est un accord partiel élargi qui compte
à ce jour 34 Etats membres. Comme le stipulent ses Statuts, le Centre
a pour mission la mise en œuvre de politiques linguistiques et la
promotion d’approches novatrices dans le domaine de l'apprentissage
et de l'enseignement des langues vivantes. Dans le cadre de ses
travaux, il ne fait pas de distinction entre les langues menacées
et celles qui ne le sont pas. Il applique une approche inclusive
de l'éducation aux langues ; il soutient et promeut l'utilisation
efficace de toutes les langues à la disposition des apprenants au
sein de leur répertoire linguistique, dans l'intérêt des individus
et de la société.
4. S’agissant du rôle que pourrait jouer la Charte européenne
des langues régionales ou minoritaires (CELRM), le Comité des Ministres
souscrit pleinement à la recommandation aux Etats membres de tirer
le meilleur parti possible des connaissances et de l'expérience
du Comité d'experts de la CELRM. La Charte a été élaborée pour protéger
et promouvoir les langues régionales ou minoritaires, notamment
en tant qu'élément menacé du patrimoine culturel européen. Elle
n’établit par conséquent pas de distinction entre langues régionales
et minoritaires « gravement menacées, en situation critique ou sérieusement
en danger ». Elles sont toutes considérées comme nécessitant une
protection spéciale et toutes jugées spécifiques, compte tenu du
contexte sociolinguistique des Etats membres eux-mêmes. C'est pourquoi
la Charte prévoit un système souple « à la carte » pour pouvoir
s'adapter à la grande diversité des situations, notamment s’agissant des
langues susceptibles d’être considérées comme gravement menacées,
en situation critique ou sérieusement en danger. Dans ce contexte,
une sélection de bonnes pratiques mises au point dans le cours de
la mise en œuvre de la Charte pourrait être identifiée, si nécessaire,
par des experts indépendants, à la demande des pays qui le souhaiteraient
et qui mettraient à disposition les fonds requis à cet effet. Le
texte de la Charte contient déjà une liste d’orientations à mettre
en œuvre dans les Etats membres Parties à la Charte (principes généraux
et dispositions spéciales dans l'éducation, la culture, la justice,
les médias et la vie économique et sociale).
5. Enfin, le Comité des Ministres rappelle que le programme d'activités
du CDED accorde une place privilégiée à l'éducation plurilingue
et interculturelle des élèves. L'un des objectifs prioritaires de
ce programme pour les années à venir sera l'élaboration de lignes
directrices pour les politiques concernant l'intégration linguistique
et éducative des enfants appartenant à des groupes vulnérables.
Les efforts du CDED dans le domaine des politiques linguistiques
seront axés sur la mise en œuvre de ce nouveau programme et compte tenu
des restrictions budgétaires actuelles, le Comité des Ministres
n'envisage pas d'élargir son action dans le sens des recommandations
spécifiques formulées par l'Assemblée parlementaire.
6. En conclusion, le Comité des Ministres souligne que la protection
et la promotion de la diversité culturelle et linguistique restent
des lignes d'action prioritaires, en particulier pour ce qui concerne
les domaines d'activités de la Charte européenne des langues régionales
ou minoritaires. Le Comité des Ministres tient à rappeler ici que
certains Etats membres n'ont pas encore signé et/ou ratifié la Charte.