Nécessité de prendre des mesures juridiques internationales supplémentaires pour lutter contre la piraterie maritime
Recommandation 1913
(2010)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion
par l’Assemblée le 28 avril 2010 (14e séance)
(voir Doc. 12194,
rapport de la commission des questions juridiques et des droits
de l’homme, rapporteur: M. Holovaty). Texte adopté par
l’Assemblée le 28 avril 2010 (15e séance).
- Thesaurus
1. L’Assemblée parlementaire se réfère
à sa
Résolution 1722
(2010) sur la piraterie: un crime qui défie les démocraties,
dans laquelle elle souligne qu’aucune réponse juridique ne peut
être apportée à ce phénomène s’il n’existe pas de forte volonté
politique en ce sens. Les actes de piraterie, en particulier ceux
qui se produisent au large des côtes somaliennes, sont devenus endémiques
et la lutte contre ce phénomène nécessite une action concertée en
stricte conformité avec les normes du droit international.
2. L’Assemblée invite instamment les Etats membres du Conseil
de l’Europe à assurer la conformité avec les normes internationales
des droits de l’homme de tous les accords relatifs au traitement
des pirates présumés, à leur transfert et à leur jugement, y compris
les accords conclus par l’Union européenne et certains Etats membres
du Conseil de l’Europe avec le Kenya et les Seychelles. Elle rappelle,
à cet égard, que les Etats membres du Conseil de l’Europe impliqués
dans les actions de lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes
sont liés par les dispositions de la Convention européenne des droits
de l’homme (STE no 5) et d’autres instruments
internationaux pertinents.
3. L’Assemblée recommande au Comité des Ministres, avec l’aide
d’un groupe d’experts nouvellement mandaté ou d’un mécanisme déjà
existant:
3.1 de mener une étude
approfondie sur les pratiques des Etats membres s’agissant du traitement des
pirates présumés ainsi que sur les dispositions du droit pénal national
en matière de répression et de poursuite des actes de piraterie;
3.2 de préparer, conformément aux lignes directrices internationales
existantes, un code de conduite sur le traitement des pirates présumés
qui soit pleinement conforme aux normes internationales des droits
de l’homme, afin d’assurer l’harmonisation des législations pénales
nationales dans le domaine de la lutte contre la piraterie maritime;
3.3 d’encourager la conclusion d’accords internationaux établissant
clairement les responsabilités des Etats en ce qui concerne les
poursuites à l’encontre des pirates, ainsi que l’élaboration de procédures
communes à suivre en la matière;
3.4 de rechercher des moyens appropriés d’adapter le cadre
juridique international en vigueur aux besoins actuels en matière
de surveillance maritime et d’étudier la possibilité de créer, à
condition que tous les inconvénients existant dans ce domaine soient
supprimés, un mécanisme spécifique (international ou doté d’une
participation internationale) pour la poursuite des personnes soupçonnées de
piraterie.
4. L’Assemblée recommande en outre au Comité des Ministres de
renforcer la coopération avec d’autres organisations internationales
– notamment les Nations Unies, l’Union africaine, l’Organisation
du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et l’Union européenne – afin
de combattre la piraterie maritime, et de l’éradiquer au large des
côtes somaliennes, dans le respect plein et entier des obligations
découlant de la Convention européenne des droits de l’homme et d’autres
instruments juridiques internationaux pertinents.