Annexe 2 à la réponse
Commentaires du Comité européen pour les
problèmes criminels (CDPC)
1. Suite à l’adoption par l’Assemblée
parlementaire de la
Recommandation
1887 (2009) sur « Le viol des femmes, y compris le viol marital »,
le Comité des Ministres a décidé de communiquer celle-ci au Comité Européen
pour les Problèmes Criminels (CDPC) pour information et/ou pour
d’éventuels commentaires. Après avoir examiné la recommandation
mentionnée ci-dessus, le CDPC a décidé de contribuer à la réponse
du Comité des Ministres en émettant les commentaires suivants concernant
les questions entrant dans son champ de compétence
2. Le CDPC a donné son plein soutien à l’affirmation de l’Assemblée
parlementaire selon laquelle le viol des femmes, y compris le viol
marital, est une atteinte inacceptable aux droits et à la dignité
des femmes, de même qu’une infraction d’une très grande gravité.
Il a également convenu que la lutte contre le viol doit être développée
par la mise en œuvre pleine et entière des recommandations pertinentes
du Conseil de l’Europe ainsi que des normes législatives les plus
exigeantes concernant le viol et la violence sexuelle.
3. Concernant l’invitation de l’Assemblée parlementaire au Comité
des Ministres de donner instruction au Comité ad hoc pour prévenir
et combattre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique (CAHVIO)
d’inclure dans la future convention les formes les plus graves et
les plus répandues de violence à l’égard des femmes, y compris le
viol et les violences sexuelles, le CDPC a voulu rappeler que, selon
le rapport intérimaire du CAHVIO adopté par le Comité des Ministres
le 1er Juillet 2009, le futur projet de convention doit couvrir
le plus grand éventail possible de formes de violence perpétrées
à l’encontre les femmes, parmi lesquelles les violences sexuelles,
incluant l’agression sexuelle, le viol et le harcèlement sexuel.
4. En ce qui concerne la qualification du viol marital en infraction
séparée dans le droit interne des Etats membres, le CDPC a attiré
l’attention de l’Assemblée sur le rapport intérimaire susmentionné,
qui affirme que les définitions des infractions dans la future convention
devraient prendre en considération le droit international et les
définitions figurant, inter alia, à
la Recommandation (2002)5 du Comité des Ministres, et qui fait spécifiquement
référence au « viol entre époux ».
5. Par ailleurs, dans ce contexte, le CDPC a souhaité attirer
l’attention sur le risque que la qualification du viol marital en
infraction séparée amène le législateur à établir ou maintenir le
statut du viol marital comme infraction privilégiée par rapport
au viol extra-marital. Un tel changement irait à l’encontre des
objectifs généraux des
Recommandations
1691 (2009) et 1887 (2009) de l’Assemblée parlementaire.
6. Eu égard à la recommandation du Comité des Ministres à ses
Etats membres à développer une stratégie complète, incluant les
mesures visant en premier lieu à prévenir le viol, ainsi qu’à assurer
la protection et l’assistance des victimes de viol à tous les stades
de la procédure judiciaire, et comprenant, si possible, le dédommagement
des victimes, le CDPC a souligné que le rapport susmentionné fait
aussi référence à la prévention de la violence à l’égard des femmes,
y compris par le biais de l’éducation, de la formation, et par la protection
et le soutien aux victimes, tout ceci entrant dans le champ d’application
de la future convention.
7. Par ailleurs, tenant compte de certaines inquiétudes aux sujet
des victimes exprimées à la
Résolution 1691
(2009) de l’Assemblée parlementaire, dont il est fait mention
à la
Recommandation 1887
(2009), le CDPC a désiré informer l’Assemblée que, suite à
l’adoption de la
Résolution
n° 1 lors de la 29e Conférence du Conseil de l’Europe des
Ministres de la Justice (18-19 Juin 2009, Tromsø, Norvège) sur la
lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique,
il a initié des travaux sur le statut légal et les droits des victimes
dans le cadre du procès pénal, en vue de leur reconnaître un statut
légal dans les affaires criminelles. Lors de sa réunion plénière
pour l’année 2009 (12-16 octobre), le CDPC a approuvé la proposition de
charger un expert de la rédaction d’un rapport/d’une étude à ce
sujet.
8. Compte tenu de ce qui précède, le CDPC est d’avis que les
travaux normatifs actuellement en cours sur ce sujet suffisent à
traiter les questions de droit pénal et de procédure pénale soulevées
par l’Assemblée parlementaire ayant trait au viol, y compris le
viol marital.
9. Enfin, le CDPC a donné son soutien à la proposition de l’Assemblée
parlementaire que le Comité des Ministres lance une campagne du
Conseil de l’Europe visant a changer les attitudes du public à l’égard
du viol et des violences sexuelles, par exemple dans le cadre de
la campagne de promotion de la future convention du Conseil de l’Europe,
et a estimé que, au regard du succès des campagnes précédentes du
Conseil de l’Europe, une telle stratégie serait très efficace.