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Questions juridiques et violations des droits de l'homme liées à l’agression de la Fédération de Russie contre l’Ukraine

Doc. 16193 : recueil des amendements écrits | Doc. 16193 | 24/06/2025 | Version révisée

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AProjet de résolution

1L'Assemblée parlementaire réaffirme son soutien indéfectible à l'Ukraine et à son peuple et son engagement en faveur de l'indépendance, de la souveraineté, de l'unité et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine dans ses frontières internationalement reconnues, y compris la Crimée et tous les autres territoires ukrainiens temporairement occupés par la Fédération de Russie depuis 2014 et au-delà. Elle réitère sa condamnation la plus ferme de la guerre d'agression illégale, non provoquée et injustifiée de la Fédération de Russie contre l'Ukraine et de tout le cortège d'atrocités, de violations des droits humains et du droit international humanitaire commises par les autorités russes, y compris les attaques aveugles continues contre les civils, les zones résidentielles et les infrastructures civiles; les disparitions forcées et les déportations; les détentions illégales et le recours à la torture; les exécutions extrajudiciaires de prisonniers de guerre; les viols et autres formes de violence sexuelle; la déportation et le transfert forcé d'enfants ukrainiens; et la destruction du patrimoine culturel et religieux ukrainien.
2L'Assemblée note que, sous l'administration du Président Donald Trump, les États-Unis d’Amérique ont sensiblement modifié leur politique étrangère, en particulier dans leurs relations avec l'Ukraine et la Fédération de Russie, y compris leur position sur la qualification juridique et politique de la guerre d'agression russe. Les États-Unis, aux côtés de la Fédération de Russie et des alliés de cette dernière, ont voté contre une résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies du 24 février 2025 condamnant l'agression et appelant à une paix globale, juste et durable, ainsi qu'à la nécessité d’ouvrir des enquêtes et engager des poursuites. L'Assemblée regrette profondément cette position. Elle est également préoccupée par le désengagement croissant de la nouvelle administration américaine vis-à-vis des efforts déployés pour déterminer les responsabilités dans la guerre contre l'Ukraine, comme en témoigne son retrait du Groupe restreint sur la création d'un tribunal spécial pour le crime d'agression contre l'Ukraine et du Centre international pour la poursuite du crime d'agression contre l'Ukraine basé à La Haye. Elle note en outre avec inquiétude que la décision de la nouvelle administration de réduire l’aide étrangère des États-Unis a entraîné la suspension de plusieurs projets d'une importance cruciale liés à l'Ukraine en matière de justice et de responsabilité, y compris ceux concernant la coopération avec les autorités de poursuite ukrainiennes.

Dans le projet de résolution, paragraphe 2, première phrase, remplacer les mots «la qualification juridique et politique» par les mots suivants:

«l'appréciation juridique et politique».

Note explicative

Pour plus de clarté et de précision.

Dans le projet de résolution, à la fin du paragraphe 2, insérer la phrase suivante:

«L’Assemblée est par ailleurs vivement préoccupée par les sanctions imposées par les États-Unis à la Cour pénale internationale, car elles entravent considérablement les poursuites contre les crimes internationaux, notamment contre ceux commis en Ukraine à la suite de l’agression russe.»

Note explicative

Cette phrase ne nécessite pas d’explications.

3Ce changement s'est produit dans le contexte des discussions bilatérales que les États-Unis ont menées avec la Fédération de Russie et l'Ukraine, en vue de parvenir à un cessez-le-feu permanent en Ukraine et à l'ouverture de négociations de paix. Si l'Assemblée se félicite de l'engagement des États-Unis dans ce processus pour contribuer à l'échange de prisonniers de guerre, à la libération de détenus civils et au retour des enfants ukrainiens transférés de force, elle note que la proposition de l'Ukraine en faveur d'un cessez-le-feu renouvelable et inconditionnel de 30 jours, soutenue par les États-Unis, n'a pas été acceptée par la Fédération de Russie, qui continue de mener des attaques de missiles, de bombes guidées et de drones contre les zones résidentielles et les infrastructures civiles ukrainiennes presque tous les jours. Pour le seul mois de mars, au moins 164 civils ukrainiens ont été tués et 910 blessés par les attaques russes, soit une augmentation de 50 % par rapport aux chiffres de février.

Dans le projet de résolution, à la fin du paragraphe 3, insérer la phrase suivante:

«De janvier à mai, un total de 664 civils ukrainiens ont été tués et 3 425 ont été blessés.»

4L'Assemblée note avec la plus grande inquiétude que certains représentants des États-Unis ont suggéré que la saisie illégale de territoires ukrainiens par la Fédération de Russie dans le cadre de sa guerre d'agression devrait être acceptée et reconnue de jure dans le cadre d'un futur accord de paix. Dans ce contexte et à la lumière de l'évolution rapide de la situation, l'Assemblée déclare que certains principes fondamentaux du droit international ne doivent pas et ne peuvent pas être écartés ou sapés dans les négociations en cours ou à venir. Elle se réfère à toutes ses résolutions antérieures traitant des conséquences juridiques et politiques de l'agression russe à grande échelle contre l'Ukraine et rappelle que tous les États ont l'obligation de respecter le droit international. L'inviolabilité des frontières et la non-reconnaissance des acquisitions territoriales résultant de l'usage de la force sont des principes fondamentaux du droit international et les bases de l'ordre international fondé sur des règles. Ces principes sont inscrits dans la Charte des Nations Unies, l'Acte final d'Helsinki de 1975, la Déclaration des principes du droit international touchant les relations amicales et la coopération entre les États conformément à la Charte des Nations Unies (Résolution 2625 de l'Assemblée générale des Nations Unies, 1970) et de nombreux autres instruments internationaux. La recherche de la paix doit être et ne peut être fondée que sur la justice et la coopération internationale, conformément au préambule du Statut du Conseil de l'Europe (STE no 1). L'Assemblée réaffirme donc catégoriquement les considérations juridiques et relatives aux droits humains suivants liées à la guerre d'agression russe, qui sont incontestables, et appelle tous les États membres et observateurs, ainsi que les institutions européennes et les partenaires internationaux concernés, à veiller à ce que les pourparlers ou négociations de paix les respectent:
4.1la guerre de la Fédération de Russie contre l'Ukraine constitue un acte d'agression en violation de l'article 2(4) de la Charte des Nations Unies;
4.2le Bélarus a permis à la Fédération de Russie d'utiliser son territoire pour perpétrer un acte d'agression contre l'Ukraine, ce qui équivaut en soi à un acte d'agression;
4.3la Corée du Nord a déployé des troupes pour combattre aux côtés des forces russes contre l'Ukraine, participant ainsi à l'acte d'agression contre l'Ukraine;
4.4l’Ukraine exerce son droit naturel à la légitime défense conformément à l'article 51 de la Charte des Nations Unies;
4.5les dirigeants politiques et militaires de la Fédération de Russie, du Bélarus et de la Corée du Nord ont commis et continuent de commettre un crime d'agression contre l'Ukraine, qui entraîne la responsabilité pénale individuelle des dirigeants concernés, quelle que soit leur position officielle, y compris les chefs d'État et de gouvernement;

Dans le projet de résolution, paragraphe 4.5, remplacer les mots «continuent de commettre un crime d'agression contre l'Ukraine» par les mots suivants:

«continuent de se rendre complices du crime d’agression contre l’Ukraine»

Note explicative

Amendement visant à garantir l’exactitude grammaticale et juridique

4.6l’annexion illégale de la Crimée et d'autres territoires ukrainiens temporairement occupés par la Fédération de Russie à la suite de l'agression depuis 2014 constitue une violation grave des normes du jus cogens et, en tant que telle, ne peut être reconnue. En fait, une telle reconnaissance en elle-même, et toute contrainte exercée sur l'Ukraine pour qu'elle reconnaisse ces annexions, constitueraient une violation du droit international;

Dans le projet de résolution, à la fin du paragraphe 4.6, insérer la phrase suivante:

«et conduiraient à une nouvelle détérioration de la protection des droits humains et des libertés fondamentales, d'autant plus que, comme l'Assemblée l'a rappelé dans son Avis 300 (2022), les victimes de violations du droit international commises par la Fédération de Russie n'ont toujours pas accès à des voies de recours effectives dans le cadre juridique national de la Fédération de Russie»

Note explicative

Cet amendement est suffisamment explicite.

Dans le projet de résolution, après le paragraphe 4.6, insérer le paragraphe suivant:

«en violation du droit international humanitaire, la Fédération de Russie continue de poursuivre la colonisation des territoires occupés en encourageant des centaines de milliers de ses citoyennes à y participer, notamment par l’intermédiaire de programmes fédéraux tels que les programmes «Enseignant Zemsky», «Médecin Zemsky» et «Travailleur culturel Zemsky». Ces initiatives s'inscrivent dans le cadre de la politique de l'État agresseur visant à modifier par la force la composition démographique de la population et compliquent considérablement les processus de désoccupation et de rétablissement de la paix. De telles actions constituent une violation des obligations internationales de la Fédération de Russie et un crime de guerre distinct, et devraient avoir des conséquences judiciaires.»

mardi 24 juin 2025

Déposé par la Commission des questions juridiques et des droits de l'homme

Votes : 78 pour 0 contre 3 abstentions

Dans l'amendement 18, remplacer les mots «, notamment par l’intermédiaire de programmes fédéraux tels que les programmes «Enseignant Zemsky», «Médecin Zemsky» et «Travailleur culturel Zemsky»» par les mots suivants:

«et à se réinstaller dans les territoires occupés par le biais de programmes fédéraux»

4.7les attaques et atrocités multiples et continues commises par les forces russes, leurs alliés et leurs mandataires contre l'Ukraine et son peuple constituent des crimes de guerre, y compris des violations graves des Conventions de Genève et du droit international humanitaire, ainsi que des crimes contre l'humanité lorsqu'elles sont perpétrées dans le cadre d'une attaque généralisée et systématique contre la population civile, dont les auteurs individuels doivent rendre des comptes;
4.8la Fédération de Russie commet certains des actes qui constituent un élément du génocide en vertu de la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide, et sa rhétorique justifiant la guerre d'agression révèle une intention génocidaire de détruire la nation ukrainienne;

Dans le projet de résolution, paragraphe 4.8, après les mots «la nation ukrainienne», insérer les mots suivants:

«comme tel»

Note explicative

Conformément au libellé de la Convention sur le génocide (1948)

Dans le projet de résolution, à la fin du paragraphe 4.8, insérer la phrase suivante:

«L’Assemblée demande instamment à la Commission d’enquête internationale indépendante et à la Cour pénale internationale (CPI) de poursuivre l’examen de ces tendances en vue d’engager d’éventuelles poursuites en vertu de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide.»

4.9aucun de ces crimes ne peut faire l'objet d'une quelconque forme d'amnistie ou de prescription en vertu du droit international;
4.10la Cour pénale internationale (CPI) est pleinement compétente pour enquêter sur les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et le crime de génocide commis sur le territoire ukrainien par les forces russes, leurs alliés et leurs mandataires, et les États parties au Statut de la CPI ont l'obligation inconditionnelle de coopérer avec la CPI dans le cadre de ces procédures, y compris en exécutant tout mandat d'arrêt délivré à l'encontre de suspects russes ou autres;
4.11la Fédération de Russie a commis des violations multiples et graves de la Convention européenne des droits de l'homme (STE no 5) en Ukraine depuis l'occupation et l'annexion de la Crimée en 2014 et dans le contexte de l'agression à grande échelle jusqu'au 16 septembre 2022, date à laquelle elle a cessé d'être partie à la Convention. La Russie a l'obligation continue et inconditionnelle de mettre en œuvre les arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme constatant ces violations, notamment en adoptant les mesures générales requises et en versant une satisfaction équitable;

Dans le projet de résolution, paragraphe 4.11, remplacer les mots venant après «l'agression à grande échelle» par les mots suivants:

«. Se référant à la Décision du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe (CM/Del/Dec(2025)1521/H46-29), l’Assemblée souligne que, bien que la Fédération de Russie ait cessé d'être une Haute Partie Contractante à la Convention européenne des droits de l’homme le 16 septembre 2022, elle reste liée par ses obligations découlant de la Convention, y compris pour l'exécution des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme, en particulier l’arrêt rendu dans l’affaire Ukraine c. Russie (Crimée). L’Assemblée exhorte les autorités russes à mettre en œuvre immédiatement toutes les mesures spécifiées par le Comité des Ministres et ayant un lien avec la pratique administrative de la torture, les disparitions forcées, le transfert illicite de civils, les expropriations à grande échelle et les nombreuses autres violations découlant de l’occupation de la Crimée par la Fédération de Russie.»

4.12la Fédération de Russie a violé de nombreux autres traités relevant du droit international des droits de l'homme, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, et la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant;

mardi 24 juin 2025

Déposé par Mme Sophia CHIKIROU, Mme Gabrielle CATHALA, M. Emmanuel FERNANDES, Mme Laura CASTEL, M. George LOUCAIDES

Votes : 82 pour 0 contre 1 abstention

Dans le projet de résolution, après le paragraphe 4.12, insérer le paragraphe suivant:

«La Fédération de Russie a également été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour des actes de torture et de traitement inhumain commis à l’encontre de ses propres citoyens, en particulier des dissidents intérieurs comme M. Azat Miftakhov, par exemple dans l'affaire Kozayev et autres contre la Russie du 14 septembre 2023.»

Note explicative

Cet amendement vise à rappeler que les autorités russes répriment aussi leurs opposants internes et ont été sanctionnées à ce titre, y compris par des arrêts de la CEDH (par ex. l'affaire Kozayev et autres c. la Russie du 14 septembre 2023).

mardi 24 juin 2025

Déposé par la Commission des questions juridiques et des droits de l'homme

Votes : 73 pour 6 contre 3 abstentions

Dans l'amendement 28, remplacer les mots «en particulier des dissidents intérieurs comme M. Azat Miftakhov, par exemple dans l'affaire Kozayev et autres contre la Russie du 14 septembre 2023» par les mots suivants:

«qui défient la guerre d'agression de la Fédération de Russie en Ukraine»

4.13la Fédération de Russie doit assumer les conséquences juridiques de tous les actes internationalement illicites qu'elle a commis en Ukraine et contre l'Ukraine, notamment en réparant tous les dommages causés par ces actes à l'Ukraine et à son peuple, comme le reconnaît la Résolution A/RES/ES-11/5 de l'Assemblée générale des Nations Unies du 14 novembre 2022 et conformément aux principes de la responsabilité de l'État;
4.14la réaffectation des avoirs gelés de l'État russe dans des États membres et non membres du Conseil de l'Europe constituerait une contre-mesure légale à l'encontre de la Fédération de Russie, car elle aurait pour but d'inciter l'agresseur à mettre fin à son comportement illégal et à s'acquitter de son obligation de réparation;
4.15selon les normes démocratiques internationales, les élections ne peuvent être organisées sous la loi martiale et le Président Zelensky est le Président légitime de l'Ukraine jusqu'à ce que des élections puissent être organisées légalement.

Dans le projet de résolution, supprimer le paragraphe 4.15.

Note explicative

Cet amendement de suppression permet d'éviter de présenter la loi martiale en Ukraine comme un gage acceptable de stabilité démocratique. Or, sous régime de loi martiale, les libertés fondamentales sont suspendues (interdiction des manifestations, absence d’élections régulières, etc.).

5L'Assemblée soutient fermement la position du Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, de faire des droits humains le principe directeur de tous les efforts de paix actuels et futurs. Sa feuille de route en matière de droits humains pour une paix juste, durable et effective en Ukraine comprend, entre autres, l’obligation de répondre de ses actes, y compris la création d'un tribunal spécial pour le crime d'agression contre l'Ukraine, la réparation des dommages et l'indemnisation des victimes, la libération des prisonniers de guerre et des détenus civils, le retour des enfants ukrainiens et la recherche des personnes disparues, la protection des personnes dans les territoires temporairement occupés et la reconstruction.

Dans le projet de résolution, avant le paragraphe 5, insérer le paragraphe suivant:

«L’Assemblée note que les frontières internationalement reconnues représentent un élément essentiel de l'ordre international fondé sur des règles. Depuis 2014, de nombreuses personnes – ressortissantes de la Fédération de Russie ainsi que d'autres États – ont illégalement franchi les frontières de l'Ukraine, notamment en se rendant sans autorisation dans des territoires temporairement occupés, tels que la Crimée, Marioupol, Donetsk et Louhansk. Parmi ces personnes figurent des célébrités favorables au Kremlin, par exemple le producteur russe Valeriy Prigozhin et la chanteuse Valeriya ou encore l'acteur américain Steven Seagal. Ces agissements constituent une violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine et devraient avoir des conséquences judiciaires.»

Note explicative

Les séjours non autorisés dans les territoires ukrainiens temporairement occupés constituent des violations de la souveraineté de l'Ukraine et du droit international, et devraient avoir des conséquences judiciaires ou donner lieu à des sanctions.

mardi 24 juin 2025

Déposé par la Commission des questions juridiques et des droits de l'homme

Votes : 86 pour 4 contre 1 abstention

Dans l'amendement 2, remplacer les mots «constituent une violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine et» par les mots suivants:

«en soutien à la guerre d'agression russe»

Dans le projet de résolution, avant le paragraphe 5, insérer le paragraphe suivant:

«L'Assemblée exprime son inquiétude quant au maintien durable de la loi martiale en Ukraine et à ses conséquences sur la société civile et la vie démocratique. Elle souligne que la stabilité des institutions ne peut être assurée au prix d’un état d’exception permanent. Elle déplore à ce titre le manque d'indépendance de l'institution judiciaire et les arrestations massives au titre de l'article 111-1 du code criminel ukrainien.»

Note explicative

Cet amendement propose une rédaction d'affirmer que même en temps de guerre, on ne peut suspendre indéfiniment les droits fondamentaux. Trop de violations des droits démocratiques, judiciaires et humains ont été observés sous la loi martiale ukrainienne.

Dans le projet de résolution, avant le paragraphe 5, insérer le paragraphe suivant:

«L'Assemblée exprime sa préoccupation au sujet de la «flotte fantôme» russe, qui permet de contourner les sanctions internationales et génère des milliards de dollars de revenus illicites pour la Fédération de Russie grâce à des exportations de pétrole opaques. Selon certaines estimations, la Fédération de Russie tirerait entre 10 et 12 milliards de dollars par mois des exportations de pétrole assurées par sa «flotte fantôme».»

Note explicative

Se passe d'explication.

Dans le projet de résolution, à la fin du paragraphe 5, insérer la phrase suivante:

«L'Assemblée rappelle en outre le rôle constitutionnel que joue l'institution nationale des droits de l'homme (INDH) ukrainienne en assurant le suivi et la documentation de la situation et en plaidant en faveur de la réparation des graves violations des droits humains. Sa participation effective aux processus de paix et d’engagement de la responsabilité est essentielle pour garantir une approche axée sur les victimes et respectueuse des droits humains.»

6Dans ce contexte, l'Assemblée se réfère à sa Résolution 2598 (2025) «Guerre d'agression russe contre l'Ukraine: la nécessité d'établir les responsabilités et d'empêcher l'impunité» (paragraphes 9 et 10) et se félicite de l'adoption par les participants au Groupe restreint de la déclaration de Lviv du 9 mai 2025, exprimant le soutien politique aux projets de textes juridiques pour la création du tribunal spécial pour le crime d'agression contre l'Ukraine dans le cadre du Conseil de l'Europe. Cette étape ouvrira la voie à l'adoption par le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe, en temps voulu, des décisions nécessaires à la mise en place du tribunal spécial. Tout en notant qu'un compromis a dû être trouvé sur certaines questions telles que les immunités personnelles, ce qui peut être en deçà des demandes de l'Assemblée et des règles existantes du droit international, l'Assemblée espère que le Statut final permettra au tribunal spécial d'enquêter, de poursuivre et de punir efficacement ceux qui portent la responsabilité du crime d'agression. Le tribunal spécial est un élément essentiel d'un système global d’établissement des responsabilité pour l'Ukraine et pour l'ordre juridique international, qui comblera une lacune existante et dissuadera le même régime ou d'autres régimes agressifs de futures agressions.
7L'Assemblée souligne que toute négociation de paix future visant à mettre fin à l'agression de la Fédération de Russie contre l'Ukraine doit inclure un mécanisme complet et juste de réparations des dommages causés. La réparation des préjudices causés aux victimes est essentielle pour une paix et une réconciliation durables. Dans ce contexte, l'Assemblée souligne le rôle essentiel du Registre des dommages pour l'Ukraine, établi sous les auspices du Conseil de l'Europe, en tant que premier élément opérationnel d'un mécanisme international d'indemnisation. Le Registre représente une étape essentielle pour documenter les dommages, les pertes et les préjudices résultant de l'agression et pour jeter les bases d'un futur processus de demandes d'indemnisation. Conformément à ses résolutions antérieures, le Conseil de l'Europe estime que le Registre des dommages et le mécanisme complet d'indemnisation devraient couvrir les demandes relatives aux dommages causés depuis février 2014 et pas seulement à partir du 24 février 2022.

Dans le projet de résolution, à la fin du paragraphe 7, insérer la phrase suivante:

«Les discussions sur les mécanismes visant à contribuer à un futur fonds d'indemnisation doivent être intensifiées, en tenant compte du potentiel de réaffectation des avoirs gelés de la Fédération de Russie.»

Note explicative

Cet amendement est explicite.

8Rappelant sa précédente Résolution 2573 (2024), l'Assemblée est consternée par les nombreuses conclusions de mécanismes internationaux et d’enquêtes de médias indépendants, qui continuent de fournir des preuves du recours systématique à la torture contre les prisonniers de guerre ukrainiens et les civils détenus en Fédération de Russie ou dans les territoires temporairement occupés de l'Ukraine. Elle prend note du rapport de mars 2025 de la Commission d'enquête internationale indépendante des Nations Unies sur l'Ukraine, qui conclut que les disparitions forcées et la torture ont été pratiquées par les autorités russes dans le cadre d'une attaque généralisée et systématique contre la population civile et en application d'une politique d'État coordonnée, ce qui équivaut donc à des crimes contre l'humanité. Le rapport a constaté que les formes de torture les plus brutales étaient utilisées pendant les interrogatoires, notamment les coups violents, les chocs électriques, les brûlures, l'étranglement, la suffocation, la pendaison, le viol et d'autres formes de violence sexuelle. Une enquête récente menée par Forbidden Stories a également mis en lumière le système carcéral mis en place par la Fédération de Russie pour les détenus civils ukrainiens, révélant que la torture et les mauvais traitements sont systématiques dans au moins 26 centres de détention.

mardi 24 juin 2025

Déposé par Mme Sophia CHIKIROU, M. Emmanuel FERNANDES, Mme Gabrielle CATHALA, Mme Laura CASTEL, M. George LOUCAIDES

Votes : 90 pour 0 contre 0 abstention

Dans le projet de résolution, après le paragraphe 8, insérer le paragraphe suivant:

«L’Assemblée exprime sa solidarité avec les citoyens russes qui subissent la répression pour avoir dénoncé la guerre contre l’Ukraine. Elle demande la libération immédiate de tous les prisonniers politiques emprisonnés en Fédération de Russie en raison de leur opposition à cette guerre.»

Note explicative

Alors que la résolution traite des crimes commis par la Russie en Ukraine, il importe de ne pas occulter les violations des droits humains commises par le régime russe contre sa propre population opposée à la guerre. L’Assemblée a le devoir de soutenir ces prisonniers d’opinion russes.

9Selon les chiffres des autorités ukrainiennes, 4 552 personnes ont été libérées de la captivité russe depuis le 24 février 2022, dont 173 civils ukrainiens. 186 lieux de détention de civils et de prisonniers de guerre ukrainiens, tant en Fédération de Russie que dans les territoires occupés, ont été identifiés. Le nombre actuel de personnes disparues, y compris les prisonniers de guerre et les civils, est estimé par le ministère ukrainien de l'Intérieur à 74 000. Dans le même temps, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a documenté environ 50 000 cas de personnes disparues, sans distinction de nationalité. Il a rendu visite à plus de 3 000 prisonniers de guerre en captivité dans les deux camps, mais on ne dispose pas de chiffres précis concernant les visites de détenus civils. Bien qu'il soit difficile de déterminer le nombre exact de civils ukrainiens détenus en captivité par la Fédération de Russie, l'Assemblée considère que la pratique de la détention de civils ukrainiens par la Fédération de Russie sans aucun motif légal est en soi illégale, arbitraire, en violation du droit international humanitaire et constitue des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Elle demande donc instamment à la Fédération de Russie de libérer immédiatement et sans condition tous les civils ukrainiens illégalement détenus. Dans l'intervalle, le CICR devrait avoir un accès immédiat, sûr et sans entrave à toutes les installations où des civils ukrainiens sont détenus, tant dans les territoires temporairement occupés qu’en Fédération de Russie, conformément à l'article 143 de la quatrième Convention de Genève (CGIV).

Dans le projet de résolution, paragraphe 9, remplacer la première phrase par la phrase suivante:

«Selon les chiffres des autorités ukrainiennes, 5 757 personnes sont revenues de la captivité russe depuis le 24 février 2022, dont 294 civils ukrainiens.»

Dans le projet de résolution, à la fin du paragraphe 9, insérer la phrase suivante:

«L’Assemblée soutient la mise en place d’un mécanisme international de protection des civils auquel seraient associées l'institution nationale des droits de l'homme (INDH) ukrainienne et d’autres institutions compétentes, et qui serait chargé de surveiller et de rendre compte publiquement de la manière dont sont traités les civils dans les territoires occupés et les lieux de détention.»

10L'Assemblée a condamné à plusieurs reprises la déportation d'enfants ukrainiens vers la Fédération de Russie et le Bélarus, ainsi que le transfert forcé d'enfants ukrainiens vers les territoires ukrainiens temporairement occupés par la Fédération de Russie. Ces pratiques violent le droit humanitaire international (quatrième Convention de Genève et Protocole additionnel I) et la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant, et constituent des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et un élément du crime de génocide. Selon la plateforme «Children of War» gérée par le Gouvernement ukrainien, en mai 2025, 19 546 enfants avaient été déportés ou transférés de force, et seuls 1 293 sont revenus. Un rapport récent du Laboratoire de recherche humanitaire de l'École de santé publique de Yale a montré comment des avions de transport militaire battant pavillon de la Fédération de Russie et contrôlés directement par le bureau de Vladimir Poutine ont transporté des groupes d'enfants depuis les oblasts occupés de Donetsk et de Louhansk et comment les bases de données contrôlées par les Russes ont dissimulé l'identité de ces enfants, y compris leur nationalité, afin de faciliter leur placement et de dissimuler le programme gouvernemental d'adoption forcée et de placement en famille d'accueil. L'opération a été lancée par Vladimir Poutine et ses subordonnés dans l'intention de «russifier» les enfants d'Ukraine. L'Assemblée estime que toute négociation de paix future devrait aborder la situation et définir les conditions du retour et de la réintégration des enfants ukrainiens, conformément au principe de l'intérêt supérieur de l'enfant.

Dans le projet de résolution, au paragraphe 10, remplacer la troisième phrase avec la phrase suivante:

«D’après les informations du Gouvernement ukrainien, en mai 2025, 19 546 enfants avaient été déportés ou transférés de force, et seuls 1 366 étaient revenus.»

Dans le projet de résolution, paragraphe 10, troisième phrase, remplacer les mots «seuls 1 293» par les mots suivants :

«seuls 1 324»

Dans le projet de résolution, paragraphe 10, remplacer la dernière phrase par les phrases suivantes:

«Le 10 juin, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine a annoncé la mise en œuvre de nombreux programmes éducatifs basés sur de soi-disant valeurs traditionnelles, parmi lesquelles l’accomplissement des obligations militaires, une politique qui, entre autres conséquences, contribue à la militarisation des enfants ukrainiens dans les territoires occupés. L’Assemblée note par ailleurs que, d’après des sources crédibles, au 14 août 2024, au moins 3 500 enfants ukrainiens des territoires occupés par la Fédération de Russie avaient été transférés de force via ou vers le Bélarus, où ces enfants avaient été soumis à un programme d’endoctrinement politique, militaire et religieux russe. Ce transfert a été effectué sur l’ordre direct d’Alexander Loukachenko. L’Assemblée estime que toute négociation de paix future devrait aborder cette situation et elle appelle au retour et à la réintégration immédiats et inconditionnels des enfants ukrainiens, conformément au principe de l’intérêt supérieur de l’enfant.»

Dans le projet de résolution, à la fin du paragraphe 10, insérer la phrase suivante:

«L'Assemblée souligne le rôle essentiel que joue l'institution nationale des droits de l'homme (INDH) ukrainienne en tant qu'institution indépendante de protection des droits de l'enfant, pour garantir l'identification, le retour en toute sécurité, la protection juridique et la réintégration des enfants ukrainiens déportés ou transférés de force.»

Dans le projet de résolution, après le paragraphe 10, insérer le paragraphe suivant:

« L'Assemblée est vivement alarmée par la politique de nettoyage ethnique menée par la Fédération de Russie dans les territoires temporairement occupés de l'Ukraine, qui se traduit par des déplacements forcés, des déportations et des mesures d’assimilation violentes. Le décret présidentiel no 159 du 20 mars 2025 oblige les citoyennes ukrainiens de ces régions à accepter la citoyenneté russe avant le 10 septembre 2025, sous peine d'expulsion, ce qui leur laisse concrètement pour seule alternative l'assimilation ou la déportation. Ces mesures constituent des violations de la quatrième Convention de Genève, du Statut de Rome de la Cour pénale internationale et de la Convention des Nations Unies pour la prévention et la répression du crime de génocide. Des actes tels que l'interdiction de la langue ukrainienne dans les écoles, l'imposition de programmes scolaires russes et l'effacement systématique de l'identité culturelle ukrainienne ont été largement documentés par les Nations Unies et constituent des crimes au regard du droit international. Compte tenu du mépris constant dont fait preuve la Fédération de Russie à l’égard de ses obligations en tant que puissance occupante, l'Assemblée demande la mise en place immédiate d'une mission de surveillance internationale indépendante, de préférence sous l'égide des Nations Unies, chargée d'observer la situation des droits humains dans les territoires occupés de l'Ukraine et de faire rapport à ce sujet. Cette mission doit être habilitée à prévenir de nouvelles violations, à recueillir des éléments de preuve et à soutenir les efforts visant à garantir que les responsables sont tenus de rendre des comptes. »

Dans le projet de résolution, après le paragraphe 10, insérer le paragraphe suivant:

«L'Assemblée condamne fermement la militarisation et l'endoctrinement politique d’enfants ukrainiens dans les territoires temporairement occupés par la Fédération de Russie, considérant que de tels actes constituent de graves violations des droits de l'enfant et une forme d'atteinte à l'éducation, tant pour ce qui est du contenu que de la qualité, ainsi qu'à l'enfance elle-même. Ces actes consistent notamment à intégrer systématiquement l'idéologie militaire dans l'éducation, à faire participer de force aux activités d’organisations patriotiques militaires, à réécrire les programmes éducatifs pour les aligner sur les priorités politiques et militaires de l'État occupant et à exercer une discrimination à l’encontre d’enfants et d’éducateurs en raison de leurs convictions politiques. L'Assemblée demande instamment de mettre un terme immédiat à de telles pratiques et appelle à ce qu’elles fassent l’objet de rapports et d’une surveillance de la part des organismes internationaux compétents, notamment la Rapporteuse spéciale sur le droit à l'éducation et le Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour le sort des enfants en temps de conflits armés. L'Assemblée encourage par ailleurs la Cour pénale internationale à engager des poursuites en vertu du Statut de Rome pour que ces multiples violations soient jugées comme crimes de guerre et crimes contre l'humanité et appelle les États parties au Statut de Rome à soutenir activement les programmes axés sur la réadaptation psychosociale et la réintégration des enfants concernés, ainsi que les initiatives éducatives de promotion de la paix, de la tolérance et de l’esprit critique comme moyen de lutter contre les tentatives d'endoctrinement.»

Note explicative

Cet amendement est suffisamment explicite.

11L’Assemblée exprime sa profonde préoccupation face au soutien apporté par l’Iran et la Chine à la Fédération de Russie. L’Iran a fourni à la Fédération de Russie des missiles balistiques et des drones, dont beaucoup ont été utilisés dans des attaques aveugles contre des biens civils en Ukraine, ce qui peut être qualifié de complicité dans les violations du droit international commises par la Fédération de Russie. Les autorités ukrainiennes ont confirmé la détention de ressortissants chinois combattant aux côtés des forces russes, prétendument en tant que combattants irréguliers. En outre, des entreprises chinoises auraient aidé la Fédération de Russie à produire des drones militaires en lui donnant accès à des composants soumis à des restrictions et en l’aidant à contourner les sanctions internationales.
12A la lumière de ces considérations, l'Assemblée:
12.1exhorte les participants au Groupe restreint et tous les États membres à œuvrer sans délai à la création du tribunal spécial pour le crime d'agression contre l'Ukraine, en adoptant les décisions nécessaires pour finaliser les instruments juridiques relatifs à la création dudit tribunal, indépendamment de l’état d’avancement des négociations de paix;
12.2appelle les autres États, en particulier les États observateurs et les États dont le parlement bénéficie du statut d'observateur ou de partenaire pour la démocratie auprès de l'Assemblée, à joindre le futur accord partiel élargi et à soutenir le tribunal spécial;
12.3appelle tous les États membres, les États observateurs et les autres États à soutenir et à contribuer aux travaux du Registre des dommages pour l'Ukraine, ainsi qu'aux travaux en cours visant à établir une Commission des demandes d’indemnisation pour l'Ukraine et un fonds d'indemnisation pour l'Ukraine, et à veiller à ce que les réparations restent une composante essentielle de tout règlement de paix;
12.4appelle tous les États membres, les institutions européennes et les partenaires internationaux à accroître leur aide au bureau du procureur général de l'Ukraine et aux systèmes internationaux d’établissement des responsabilités existants, ainsi qu'aux projets de la société civile travaillant sur l'Ukraine, afin de compenser l'impact négatif du gel de l'aide des États-Unis;
12.5invite la CPI et son bureau du procureur à envisager d'ajouter de nouveaux chefs d'accusation, notamment de crimes contre l'humanité et de génocide, en rapport avec la détention illégale, la disparition forcée et la torture de détenus civils ukrainiens, ainsi qu’avec la déportation et le transfert forcé d'enfants ukrainiens, dans le cadre de l'enquête sur la situation en Ukraine;

Dans le projet de résolution, remplacer le paragraphe 12.5 par le paragraphe suivant:

« invite la CPI à envisager d'ajouter de nouveaux chefs d'accusation, notamment ceux de crimes contre l'humanité et de génocide, en rapport avec la détention illégale, la disparition forcée et la torture de détenus civils ukrainiens, ainsi qu'avec la déportation, le transfert forcé et la rééducation d'enfants ukrainiens, dans le cadre de l'enquête sur la situation en Ukraine, et invite les États parties au Statut de Rome de la Cour pénale internationale à renforcer le soutien politique, juridique et matériel à la Cour, en particulier pour renforcer le bureau du procureur de la CPI à Kyiv; »

Note explicative

Il convient de préserver le travail des enquêteurs et des procureurs de toute ingérence politique. Cette position traduit la conviction que seuls la Cour et ses organes ont le mandat et la compétence pour fixer les priorités en matière d'enquête et prendre les décisions relatives à la délivrance des mandats d'arrêt pertinents.

Dans le projet de résolution, après le paragraphe 12.5, insérer le paragraphe suivant:

«appelle les États membres et les États observateurs à s'abstenir de suspendre ou d'entraver les processus visant à amener les responsables de crimes commis dans le cadre de l'agression contre l'Ukraine à répondre de leurs actes sur le plan international, notamment par l'intermédiaire du Conseil de sécurité des Nations Unies;».

12.6appelle les États membres, les États observateurs et les autres États dont la législation prévoit la compétence universelle d’enquêter sur les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide commis dans le contexte de la guerre d’agression en cours, y compris les crimes liés à la disparition forcée et à la torture de détenus civils ukrainiens et à la déportation et au transfert forcé d'enfants ukrainiens, et d’engager des poursuites à l’encontre de leurs auteurs, et encourage les États qui ne prévoient pas la compétence universelle à introduire cette possibilité dans leur législation;

Dans le projet de résolution, au paragraphe 12.6, remplacer les mots «et au transfert forcé» par les mots suivants:

«au transfert forcé et à la rééducation»

12.7exhorte la Fédération de Russie à veiller au respect des obligations qui lui incombent en vertu du droit international, y compris le droit international humanitaire, et à cesser immédiatement la pratique des disparitions forcées, la détention illégale de civils ukrainiens, le recours systématique à la torture contre les civils et les prisonniers de guerre, la déportation et le transfert forcé d'enfants ukrainiens, à fournir des informations complètes sur les prisonniers de guerre, les civils ukrainiens et les enfants sous son contrôle, et à garantir l'accès immédiat, sûr et sans entrave du CICR à tous les lieux de détention où sont détenus des prisonniers de guerre et des civils ukrainiens;

Dans le projet de résolution, au paragraphe 12.7, après «y compris le droit international humanitaire,», insérer les mots suivants:

«en concertation avec l'institution nationale des droits humains (INDH) ukrainienne et d'autres mécanismes nationaux de prévention de la torture, qui doivent se voir garantir un accès sûr aux informations et aux sites concernés».

12.8appelle les États membres, les États observateurs, l'Union européenne et les partenaires internationaux à fournir toute l'assistance nécessaire à l'Ukraine dans ses efforts pour localiser et garantir le retour des prisonniers de guerre, des civils ukrainiens illégalement détenus et des enfants ukrainiens, et à accroître la pression sur la Fédération de Russie pour qu'elle se conforme à ses obligations internationales susmentionnées, y compris par le biais de sanctions accrues et dans le cadre de pourparlers ou négociations de paix.

Dans le projet de résolution, après le paragraphe 12.8, insérer le paragraphe suivant:

«invite les systèmes internationaux d’établissement des responsabilités concernés à mettre en place un mécanisme de consultation permanent avec l’institution nationale des droits de l’homme (INDH) afin de garantir la prise en compte de la situation des victimes à tous les stades des processus internationaux de paix et d’établissement des responsabilités.»

Dans le projet de résolution, après le paragraphe 12.8, insérer le paragraphe suivant:

«exhorte les États membres et les partenaires internationaux à renforcer la transparence maritime, à durcir les contrôles exercés par les États du pavillon, à accroître la surveillance des assurances et à mettre en place des mécanismes de suivi des transferts entre navires afin de garantir que la Fédération de Russie ne tire pas profit de sa flotte fantôme»

Note explicative

Ce paragraphe ne nécessite pas d’explications.

Dans le projet de résolution, après le paragraphe 12.8, insérer le paragraphe suivant:

«appelle les États membres et les États observateurs à imposer des sanctions adéquates ou à prévoir des conséquences juridiques à l'encontre des personnes qui sont entrées dans les territoires temporairement occupés de l'Ukraine en violation du droit ukrainien et des normes internationales»

Note explicative

Cet amendement est suffisamment explicite.

Dans le projet de résolution, après le paragraphe 12.8, insérer le paragraphe suivant:

«appelle les États membres ainsi que les États observateurs et les États dont les parlements bénéficient du statut d’observateur ou de partenaire pour la démocratie auprès de l’Assemblée à veiller à ce que des régimes de sanctions ciblent de manière exhaustive toute la chaîne de responsabilité pour les crimes internationaux commis contre des enfants ukrainiens en incluant la totalité des individus et des institutions – enregistrés par les services répressifs ukrainiens et d’États partenaires – qui sont impliqués directement ou indirectement dans la déportation, le transfert forcé, le retard injustifié du rapatriement, l’adoption ou la tutelle illégale, ainsi que la rééducation, l’endoctrinement et la militarisation de ces enfants. Ces régimes doivent être appliqués de manière systématique, révisés régulièrement et coordonnés entre les différentes juridictions afin de prévenir les lacunes dans leur application et leur contournement. L’Assemblée encourage les États membres à harmoniser les efforts, y compris par la mise en place d’un mécanisme de lutte contre les crimes à l’encontre des enfants ukrainiens.»

Dans le projet de résolution, après le paragraphe 12.8, insérer le paragraphe suivant:

«appelle les États membres à soutenir toutes les initiatives existantes et passées qui visent à documenter les crimes de droit international commis en Ukraine par des représentants de la Fédération de Russie, à enquêter sur ces crimes et à les classifier juridiquement, notamment la Commission d'enquête internationale indépendante des Nations Unies en Ukraine et le mécanisme de Moscou de l'OSCE, en assurant un suivi régulier, en favorisant les évaluations périodiques et en facilitant la mise en œuvre de leurs recommandations».

Note explicative

Cet amendement parle de lui-même.

Dans le projet de résolution, après le paragraphe 12.8, insérer le paragraphe suivant:

«soutient l’initiative civique internationale «People First», qui œuvre en faveur de la libération de toutes les personnes captives en lien avec la guerre d’agression en Ukraine, et des enfants ukrainiens déportés. Elle considère que cette démarche humanitaire, impliquant la société civile ukrainienne et russe, constitue un vecteur de paix précieux et complémentaire des seules approches judiciaires ou punitives.»

Note explicative

L’initiative People First promeut la libération de tous les captifs de la guerre. L'Assemblée encouragerait une approche humanitaire centrée sur les victimes du conflit, au-delà de la seule logique punitive.

Dans le projet de résolution, après le paragraphe 12.8, insérer le paragraphe suivant:

«appelle les États membres et observateurs à infliger des sanctions appropriées ou d'autres contre-mesures aux responsables russes qui encouragent la colonisation des territoires occupés de l'Ukraine, et à veiller à ce que les responsables aient à répondre individuellement de ce crime de guerre sur le plan pénal».

Note explicative

Cet amendement parle de lui-même.

Dans le projet de résolution, après le paragraphe 12.8, insérer le paragraphe suivant:

«appelle les États membres, ainsi que les États observateurs et les États dont les parlements jouissent du statut d'observateur ou de partenaire pour la démocratie auprès de l'Assemblée, et leurs services diplomatiques, ainsi que l'ensemble de la communauté internationale agissant de bonne foi, à infliger des sanctions supplémentaires et à veiller au respect constant des sanctions déjà infligées à la Fédération de Russie, à la République du Bélarus, à la Corée du Nord et aux autres États impliqués dans les violations flagrantes du droit international, et à inscrire sur les listes de sanctions les personnes qui ont participé à la commission de crimes de droit international en Ukraine. Le régime de sanctions doit rester en vigueur jusqu'à ce que la Fédération de Russie s'acquitte de son obligation de mettre fin à ses actes contraires au droit international et d'en réparer les conséquences, notamment en exécutant l'arrêt rendu par la Cour européenne des droits de l'homme dans l'affaire Ukraine c. Russie (Crimée)».

Note explicative

Cet amendement parle de lui-même.